Modifié le 01 mai 2017 à 09:35

"Trump excentrique, vulgaire, grossier et agressif, son électorat est ravi!"

Le président américain Donald Trump.
Trump, 100 jours Geopolitis / 15 min. / le 30 avril 2017
Le président américain Donald Trump a passé le cap des 100 jours à la Maison Blanche. Sa politique, son tempérament imprévisible et peu orthodoxe pour un chef d'Etat sont décortiqués par l'éditorialiste du Monde Alain Frachon dans Géopolitis.

De milliardaire à chef d'Etat, Donald Trump s'est hissé en quelques mois sur le podium des présidents américains les plus impopulaires. Seuls 42% d'opinions favorables, selon un sondage pour ABC News et le Washington Post.

Impopulaire, mais aussi déroutant, notamment sur le front de la politique internationale. Raids en Syrie, en Afghanistan, nouvelle entente avec la Chine ou désamour avec la Russie de Poutine, le nouveau président américain se révèle imprévisible, comme l'on pouvait s'y attendre. 

Il joue à fond ce jeu très démagogue des élites et du peuple

Alain Frachon, éditorialiste Le Monde

Donald Trump est-il pour autant fragilisé au sein de la base républicaine? "Pas du tout", rétorque l'ex-correspondant à Washington Alain Frachon sur le plateau de Géopolitis. "Ce n'est pas par hasard si Donald Trump gouverne à coups de tweets. Il a compris que l'environnement médiatique a changé. (...) Il sait que son électorat aime un Trump excentrique, vulgaire, grossier, agressif, qui dézingue toutes les élites du pays. Chaque fois qu'il attaque la presse, son électorat est ravi ! Cela ne le fragilise pas du tout", explique-t-il.

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Une résistance en marche

S'il est peu fragilisé dans son camp, le président est contré par une partie de la société civile. Une telle résistance "dans les premiers 100 jours, je n'ai jamais vu ça", relève Alain Frachon. "J'ai vu une résistance au président Nixon à l'été 1974, mais il était déjà dans le courant son mandat". Du jamais-vu aux Etats-Unis depuis la guerre du Vietnam, ces mouvements de contestation prennent de nombreuses formes, comme des manifestations de rue (féministes, défenseurs du climat, scientifiques, etc.), les positions anti-Trump de patrons de puissantes sociétés (Google, Facebook, Starbucks, Ford, etc.) ou le front Indivisible, guide du parfait opposant politique pour "stopper le petit tyran nommé Trump".

La résistance est aussi institutionnelle. A l'image du juge fédéral de Hawaï qui a bloqué le second décret migratoire du président concernant l'accès au territoire américain des ressortissants de six pays principalement musulmans. Le Congrès, lui, a retoqué la réforme de la santé Obamacare. "Ce sont deux points forts de Trump, ceux qu'il voulait réaliser durant son premier mandat. (...) Deux échecs importants et assez retentissants dus au jeu des pouvoirs et contre-pouvoirs", conclut Alain Frachon.

Mélanie Ohayon

Publié le 29 avril 2017 à 08:05 - Modifié le 01 mai 2017 à 09:35