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La tension monte entre armée turque et combattants kurdes de Syrie

Des combattant des Unités de protection du peuple kurde (YPG) près du site où des raids turcs ont tué 28 soldats, à al-Malikiyah, en Syrie, le mardi 25 avril 2017. [DELIL SOULEIMAN - AFP]
Des combattant des Unités de protection du peuple kurde (YPG) près du site où des raids turcs ont tué 28 soldats, à al-Malikiyah, en Syrie, le mardi 25 avril 2017. [DELIL SOULEIMAN - AFP]
Des accrochages transfrontaliers ont éclaté mercredi entre soldats turcs et combattants kurdes de Syrie, où la tension est montée d'un cran au lendemain de raids aériens meurtriers menés par la Turquie.

Les affrontements ont éclaté à la frontière nord-est de la Syrie "après que les Unités de protection du peuple kurde (YPG) ont ouvert le feu sur un véhicule blindé de l'armée turque qui avait franchi la frontière entre la Turquie et la Syrie", a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les forces turques ont tiré à l'artillerie sur les positions des YPG à l'ouest de la localité syrienne de Darbasiyah tandis que les combattants kurdes ont lancé des roquettes sur les avant-postes de l'armée turque, a précisé le directeur de l'OSDH, sans faire état de victimes dans l'immédiat.

Artillerie lourde

Le porte-parole des YPG, Redur Xelil, a indiqué que la Turquie avait ciblé plusieurs secteurs autour de Darbasiyah "avec de l'artillerie lourde et des tirs au mortier". Il a ajouté que "les bombardements menés par l'armée turque étaient à présent sporadiques" et fait état d'"échanges de feu avec des avant-postes frontaliers".

Les YPG sont la principale composante des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes luttant contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et soutenus par les Etats-Unis.

Les Kurdes appellent à une zone d'exclusion aérienne

Les violences transfrontalières surviennent au lendemain de raids aériens turcs contre un QG des YPG ayant fait 28 morts, essentiellement des membres des YPG, et 19 blessés, selon l'Observatoire.

>> Lire: Des raids aériens turcs ont tué une vingtaine de miliciens kurdes en Syrie

Il s'agit des plus meurtrières attaques menées en Syrie par la Turquie, qui qualifie les YPG de groupe "terroriste" en raison de leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes turcs). Ankara a également ciblé mardi en Irak des positions tenues par le PKK et ses alliés locaux.

Les YPG ont mis en garde mercredi contre une "agression élargie" et appelé à l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie.

afp/fme

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Frappes turques "inacceptable" pour Moscou

Après les Etats-Unis et l'Irak mardi, la Russie a également condamné mercredi les raids turcs, qui ont fait 28 morts mardi, selon un nouveau bilan. La Syrie, dont la Russie est l'alliée, a également condamné ces frappes mercredi.

Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé "toutes les parties à la retenue". Ces raids "suscitent la plus grande inquiétude à Moscou", a souligné le ministère.

"Nous considérons de telles actions comme inacceptables et allant à l'encontre des principes fondamentaux des relations internationales", a souligné le ministère appelant "toutes les parties à la retenue".