Modifié le 26 avril 2017 à 19:14

Enquête ouverte en Autriche sur le président exécutif d'Airbus

Le CEO d'Airbus Thomas Enders, lors d'une cérémonie pour l'Airbus India Training Centre à New Delhi en mars 2017.
Le CEO d'Airbus Thomas Enders, lors d'une cérémonie pour l'Airbus India Training Centre à New Delhi en mars 2017. [Imtiyaz khan - AFP]
Le parquet de Vienne a ouvert une enquête sur le président exécutif d'Airbus Thomas Enders. En cause: des soupçons d'escroquerie liés à un contrat passé en 2003 avec l'Autriche pour l'achat d'avions de combat Eurofighter.

"Le procureur de Vienne nous a informés cet après-midi, pour la première fois, que tous les individus qui figurent dans un document du parquet financier autrichien étaient visés par une enquête. Cette liste inclut Tom Enders", a indiqué mercredi un porte-parole.

L'Autriche avait annoncé en février avoir porté plainte contre Airbus, auquel elle réclame jusqu'à 1,1 milliard d'euros pour des faits de corruption et de fraude présumés.

Vienne entend réclamer un remboursement du préjudice, estimé au minimum à 183,4 millions d'euros, correspondant à des commissions facturées en catimini par le groupe aéronautique, selon les enquêteurs autrichiens.

Thomas Enders et Airbus démentent

Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, nous considérons que ces accusations sont totalement infondées

Un porte-parole d'Airbus.

Thomas Enders et Airbus, qui s'appelait à l'époque European Aeronautic, Defence and Space Company (EADS), ont toujours démenti la moindre irrégularité. Le président exécutif dirigeait la division défense d'EADS lors de la signature de ce contrat de 1,8 milliard d'euros (1,93 milliard de francs).

reuters/afp/fme

Publié le 26 avril 2017 à 18:24 - Modifié le 26 avril 2017 à 19:14

Enquête de longue haleine

Les ministères publics autrichien et allemand enquêtent depuis des années pour savoir s'il y a eu des faits de corruption destinés à privilégier l'Eurofighter aux dépens des concurrents proposés par Saab et Lockheed Martin.

L'Autriche avait déjà engagé en février des poursuites contre Airbus et le consortium Eurofighter, pour tromperie et escroquerie présumées sur ce contrat.

Les écologistes autrichiens et le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite) avaient par ailleurs annoncé début mars s'être mis d'accord sur la création d'une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire.

Le consortium Eurofighter regroupe Airbus, qui y représente les intérêts industriels de l'Allemagne et de l'Espagne, BAE Systems et Leonardo.