Modifié le 26 avril 2017 à 10:43

"La liberté de la presse mise à mal comme jamais", alerte RSF

Manifestation pour la liberté de la presse devant le tribunal d'Istanbul, en Turquie, le 1er avril 2016.
Le Journal du matin / 1 min. / le 26 avril 2017
Attaques anti-médias, fausses informations et triomphe d'hommes forts comme Trump ou Erdogan: "Jamais la liberté de la presse n'a été aussi menacée", s'alarme Reporters sans frontières (RSF) dans son rapport 2017 publié mercredi.

"On se rend compte, et c'est une première malheureusement, que la liberté de la presse est mise à mal comme jamais dans de nombreuses sociétés démocratiques. Beaucoup plus que dans le passé", souligne le président de RSF Suisse Gérard Tschopp dans le Journal du matin. "Nous sommes dans une période d'érosion démocratique par rapport à la presse".

Dans la vague sécuritaire que nous connaissons, la liberté de la presse est reléguée au second plan

Gérard Tschopp, président de RSF Suisse

"Or c'est grave", rappelle Gérard Tschopp, "parce que la liberté de l'information, la liberté de la presse, c'est le fondement de toutes les autres libertés (…) Or apparemment, dans la vague sécuritaire que nous connaissons aujourd'hui, ces soucis-là sont relégués au second plan et on ne peut que s'en inquiéter fortement."

Inquiétudes aussi en Suisse

"La Suisse reste au 7e rang et ça montre bien que la situation est bonne en Suisse. Mais les experts mettent en évidence un certain nombre de points: la détérioration de la situation financière de nombreux titres, le phénomène de concentration de plus en plus marqué dans la propriété des journaux", estime le président de RSF Suisse.

"A part le groupe de La Liberté, dans une moindre mesure Le Courrier et Le Quotidien Jurassien, il n'y a plus d'éditeurs indépendants, c'est tout de même un peu inquiétant. La diversité des contenus est en danger", met-il en garde.

Gérard Tschopp, président de RSF Suisse.
Cyril Zingaro - Keystone
Le Journal du matin - Publié le 26 avril 2017

Situation "difficile" dans 72 pays

La liberté de la presse connaît une situation "difficile" ou "très grave" dans 72 pays (sur 180 recensés), dont la Chine, la Russie, l'Inde, presque tous les pays du Moyen-Orient, d'Asie centrale et d'Amérique centrale, ainsi que les deux tiers des pays d'Afrique.

La carte du monde dressée par RSF est envahie de rouge ("difficile") et de noir ("très grave").

La presse n'est libre que dans une cinquantaine de pays (en jaune et orange sur la carte).
La presse n'est libre que dans une cinquantaine de pays (en jaune et orange sur la carte). [DR - RSF]

Comme l'an dernier, les pays scandinaves (Norvège, Suède, Finlande, Danemark) figurent aux premières places. La Suisse arrive en septième position du classement. C'était également le cas en 2016.

La presse n'est libre que dans une cinquantaine de pays - en Amérique Nord, Europe, Australie ainsi qu'au sud de l'Afrique - et RSF s'inquiète d'un "risque de basculement, notamment dans les pays démocratiques importants".

Important "médias bashing"

L'obsession de la surveillance et le non respect du secret des sources contribuent à faire glisser vers le bas des pays considérés hier comme vertueux: les Etats-Unis (43e, -2 places), le Royaume-Uni (40e, -2) ou le Chili (33e, -2).

"L'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance au 'médias bashing' et aux fausses nouvelles", déplore RSF.

En queue de classement, on retrouve l'Erythrée et la Corée du Nord, où "écouter une radio basée à l'étranger peut conduire directement en camp de concentration".

ats/kg/jgal

Publié le 26 avril 2017 à 09:15 - Modifié le 26 avril 2017 à 10:43