Modifié le 12 mai 2017 à 20:23

Malgré une baisse des cas, la malaria tue encore plus de 400'000 personnes par an

Lutte contre la malaria: la Suisse investit des millions
Lutte contre la malaria: la Suisse investit des millions 19h30 / 2 min. / le 12 mai 2017
La malaria tue encore plus de 400'000 personnes chaque année, dont la majeure partie en Afrique. La Suisse fait partie des leaders mondiaux dans la lutte contre cette maladie transmise par les moustiques.

Les cas de malaria (ou paludisme) et de décès associés sont estimés respectivement à 214 millions et 438'000 pour 2015 à l'échelle mondiale, selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), relevés mardi à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la malaria.

Le nombre de décès recensés a toutefois diminué de 62% depuis l'an 2000, bien que les moustiques qui véhiculent la malaria soient de plus en plus résistants aux insecticides.

C'est en Afrique subsaharienne que cette maladie frappe le plus: 89% des cas et 90% des décès sont recensés dans cette région. Une grande partie des victimes sont des enfants en bas âge et des bébés.

>> Nombre de cas de malaria (pour 1000 personnes) et taux de mortalité associé dans les régions les plus touchées:

Financements encore insuffisants

Selon l'OMS, les financements internationaux de la lutte antipaludique ont été multipliés par 20 depuis l'an 2000. Or, si en en 2015, les investissements atteignaient un total de 2,9 milliards de dollars, cette somme représente seulement 45% de l’objectif intermédiaire pour 2020, fixé à 6,4 milliards de dollars.

La Suisse s’engage par exemple depuis 14 ans à hauteur d’un million par an en Tanzanie, l'un des pays les plus touchés par le parasite, notamment par les recherches menées dans le laboratoire de l'Institut tropical de santé publique suisse (Swiss TPH).

Objectif: 360'000 vaccins

Les pulvérisations régulières d'insecticides et la distribution de moustiquaires y ont eu des conséquences flagrantes: la transmission de la malaria a chuté de 80% dans le pays, notamment dans les structures sanitaires, et la mortalité infantile a été réduite de deux tiers, selon Christian Lengeler, chef de département à Swiss TPH, interrogé par la RTS.

Autre moyen de lutte contre le paludisme: l'Organisation mondiale de la santé ambitionne de vacciner au moins 360'000 enfants africains contre le paludisme d'ici à 2020. Ce projet pilote sera mené au Kenya, au Ghana et au Malawi.

>> Développement et reportage en Tanzanie dans le 19h30 sur RTS Un

Jessica Vial/Magali Rochat

Publié le 12 mai 2017 à 19:03 - Modifié le 12 mai 2017 à 20:23

La collaboration de la Suisse renforcée

L'institut suisse des tropiques et de la santé publique (Swiss TPH) a été nommé centre de coopération de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le domaine du contrôle et de l'éradication de la malaria. La coopération de longue date est ainsi reconnue et formalisée pour l'avenir.

La recherche sur la malaria est un point fort de Swiss TPH depuis sa fondation en 1943. Aujourd'hui, environ 200 spécialistes sont chargés d'étudier les différentes facettes de la maladie à Bâle et dans le monde, du développement des médicaments et des vaccins jusqu'à la stratégie de contrôle et de lutte contre la malaria.