Publié le 30 mars 2017

Une répartition inégale des richesses alimente-t-elle le désamour de l'Europe?

La mauvaise répartition supposée de la richesse générée par la mondialisation est-elle en partie responsable du désamour des citoyens pour l'Union européenne? C'est l'argument avancé par Yves Nidegger (UDC/GE) durant Infrarouge mercredi.

"Vous faites de l'autisme répétitif", lance ainsi le conseiller national genevois à Roger Nordmann, élu socialiste sous la Coupole et défenseur de la construction européenne.

Pour Yves Nidegger, la montée du populisme est due à la contestation suscitée par la mondialisation, "qui a généré beaucoup de richesses, sans pouvoir la répartir de manière automatique" (vidéo à partir de 23'35 environ).

L'Europe à bout de souffle?
Infrarouge - Publié le 29 mars 2017
 

Crise mondialisée, écarts creusés

Les données à disposition tendent à modérer ce constat, même si on ne sait pas exactement sur quel laps de temps porte l'argument d'Yves Nidegger. Si les richesses augmentent globalement, l'indice de Gini sur les revenus disponibles, qui mesure les inégalités, est relativement stable sur dix ans.

Indice de Gini: plus la valeur est proche de 100, plus les inégalités sont fortes, plus elle est proche de 0, plus elles sont faibles

 

Néanmoins, dans plusieurs pays dont la France, on constate qu'au moment de la crise, les écarts se sont creusés. Toujours en France, les 10% de la population bénéficiant des revenus les plus élevés gagnaient, en 2007, 22% de la manne totale. Depuis la crise, cette part flirte avec les 25%.

Part du revenu total par "classe" de revenus (des 10% de la population dont les revenus sont les plus bas aux 10% de la population dont les revenus les plus hauts)

Les données manquantes ne sont pas disponibles dans la base de données Eurostat

Enfin, la crise mondialisée des subprimes a aussi accru les écarts sur la fortune entre les plus riches et les plus pauvres dans la plupart des pays disposant de données permettant de mesurer cette évolution. Ainsi, en Italie, les ménages les plus modestes ont vu leur patrimoine fondre de 25%, alors que celui des ménages les plus aisés se réduisait de moins de 1% entre 2006 et 2012.

tyf

Publié le 30 mars 2017