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L'Europe menace de sanctions les pays n'accueillant pas de réfugiés

Certains migrants, notamment ceux qui viennent d'Erythrée et de Syrie, sont particulièrement concernés par le programme de relocalisation. [Santi Palacios - Keystone/AP Photo]
Certains migrants, notamment ceux qui viennent d'Erythrée et de Syrie, sont particulièrement concernés par le programme de relocalisation. [Santi Palacios - Keystone/AP Photo]
La Commission européenne a durci le ton jeudi, menaçant de sanctions ses Etats membres qui refusent d'accueillir des réfugiés. Elle veut un renforcement des mesures nationales contre les migrants irréguliers.

Sur ces deux facettes de sa politique migratoire, la Commission s'est voulue ferme, sur fond d'arrivées incessantes sur les côtes italiennes et de fragilité du partenariat noué avec la Turquie pour mettre fin aux traversées massives en mer Egée.

"Il en va de notre devoir de pouvoir affirmer clairement, aux migrants, à nos partenaires dans les pays tiers et à nos concitoyens, que si des personnes ont besoin d'aide nous les aiderons, sinon elles doivent rentrer", a insisté le vice-président de la Commission, Frans Timmermans.

Refus de participer au programme

Quelque 13'500 demandeurs d'asile ont pour l'heure été "relocalisés" depuis la Grèce et l'Italie (dont environ 9600 depuis la Grèce), alors que les pays européens s'étaient engagés en septembre 2015 à en accueillir jusqu'à 160'000 en deux ans.

Ce plan, réservé aux migrants quasiment certains d'obtenir un statut de réfugiés (principalement les Syriens et les Eyrthréens), visait à la fois à montrer la solidarité de l'UE avec ceux qui fuient la guerre et à soulager l'immense pression sur Athènes et Rome.

Mais la Hongrie, l'Autriche et la Pologne "refusent toujours de participer au programme", tandis que d'autres (la République tchèque, la Bulgarie, la Croatie et la Slovaquie) "n'y prennent part que dans une mesure très limitée", a déploré la Commission.

afp/ebz

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"Plan d'action" pour un renvoi plus systématique des migrants irréguliers

Plus de 530'000 migrants irréguliers ont fait l'objet d'une décision de renvoi en 2015 par les pays de l'UE, mais seulement 36,4% de ces décisions ont été appliquées, déplore la Commission.

Elle souligne que les Etats membres pourraient "avoir plus d'un million de personnes à renvoyer" parmi les migrants arrivés ces deux dernières années et dont les demandes d'asile ont été ou vont être rejetées.

La Commission, qui a proposé de mettre à disposition 200 millions d'euros en 2017, demande notamment aux Etats membres de raccourcir "les délais de recours" contre les décisions de retours, qui ne doivent plus "comporter de date d'expiration".