Modifié le 29 janvier 2017 à 10:22

Moscou et Washington se disent prêts à collaborer dans la lutte anti-EI

Donald Trump entouré de ses conseillers lors de son appel avec Vladimir Poutine.
Donald Trump entouré de ses conseillers lors de son appel avec Vladimir Poutine. [Jonathan Ernst - Reuters]
Vladimir Poutine et Donald Trump, qui ont échangé samedi au téléphone, se sont exprimés en faveur d'un renouveau des relations entre leurs deux pays et d'une coopération en Syrie pour vaincre le groupe l'Etat islamique (EI).

"Les présidents se sont exprimés en faveur de la mise en place d'une véritable coordination entre les actions russes et américaines en vue de détruire l'Etat islamique et d'autres groupes terroristes en Syrie", a précisé le Kremlin dans un communiqué.

La Maison Blanche, pour sa part, a salué un "appel positif", constituant un point de "départ important pour améliorer la relation entre les Etats-Unis et la Russie, qui a besoin d'être réparée", dans un communiqué publié à l'issue de l'entretien, qui a duré environ une heure.

"Le président Trump et le président Poutine espèrent qu'après l'appel d'aujourd'hui, les deux parties pourront agir rapidement pour combattre le terrorisme et d'autres problèmes importants, sujets d'inquiétude mutuelle", ajoute Washington.

>> Lire aussi: "On ne connaît rien de la Russie et de l'humiliation vécue par les Russes"

Mystère autour des sanctions

Les administrations ne précisent pas si la question d'un assouplissement des sanctions occidentales contre la Russie imposées après l'annexion de la Crimée en 2014 a été évoquée lors de leur entretien.

Donald Trump s'est déjà dit prêt, dans le cadre du rapprochement qu'il appelle de ses voeux avec Moscou, à revoir le régime de sanctions imposé par Barack Obama, mais il s'est montré prudent sur ce sujet vendredi lors d'une conférence de presse avec la Première ministre britannique, Theresa May.

D'autres sujets pourront faire l'objet d'une coopération entre les deux "partenaires", a ajouté le Kremlin, évoquant l'Ukraine, le programme nucléaire iranien, les tensions dans la péninsule coréenne et le conflit israélo-palestinien. Les deux dirigeants se sont en outre entendus pour travailler à organiser leur première rencontre.

reuters/mre

Publié le 29 janvier 2017 à 08:27 - Modifié le 29 janvier 2017 à 10:22

Méfiance européenne

La perspective d'un rapprochement entre Washington et Moscou est accueillie avec méfiance par les alliés des Etats-Unis qui voient d'un mauvais oeil un éventuel allégement des sanctions internationales et craignent un désengagement des Etats-Unis de l'OTAN.

Visiblement soucieux de se montrer rassurant, Donald Trump a souligné "l'importance fondamentale de l'OTAN" au cours d'un entretien téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président américain a également évoqué avec François Hollande l'importance de mieux "partager le fardeau des dépenses de défense" lors de l'entretien téléphonique qu'il a eu samedi avec le président français. Donald Trump avait reproché aux alliés de profiter de la protection américaine sans vouloir payer le prix.

30 jours pour trouver un plant anti-EI

Donald Trump a par ailleurs signé samedi un décret sollicitant un plan d'action militaire pour vaincre l'Etat islamique en Syrie et en Irak.

Le texte demande au comité d'experts d'émettre des recommandations sur tout changement pertinent des règles de l'engagement américain, d'identifier de nouveaux partenaires de coalition et de mettre au point des mécanismes pour couper les financement de l'EI.

Plusieurs responsables militaires américains ont estimé que la mise en échec des djihadistes pourrait être accélérée par une implication directe des troupes américaines mais une telle décision promet d'être impopulaire.

Certains responsables américains s'exprimant sous le sceau de l'anonymat ont dit douter que l'armée américaine prône un changement fondamental de la stratégie mise au point sous l'administration démocrate précédente: s'appuyer sur les forces locales pour l'essentiel des combats en Syrie et en Irak.