Modifié le 19 janvier 2017 à 16:45

Malte, championne de la naturalisation facile et monnayable

C'est la nationalité maltaise qui est la moins chère et la plus demandée.
Dans certains pays, la nationalité peut se monnayer Le Journal du matin / 2 min. / le 19 janvier 2017
Alors que les Suisses votent le 12 février sur la naturalisation, certains pays se montrent beaucoup moins restrictifs en la matière. La nationalité maltaise est la moins chère et la plus demandée.

La naturalisation facilitée des étrangers de 3e génération soumise à votation en Suisse prévoit des conditions extrêmement précises et restrictives en regard de celles mises en place dans d'autres pays.

>> Lire aussi: Non, la Suisse n'est pas "la championne du monde des naturalisations"

Certains font notamment commerce de leur statut de citoyen et opèrent donc une sélection économique de leurs nouveaux compatriotes.

En quête d'une citoyenneté européenne

"Les pays d'Europe qui offrent la possibilité d'acheter un passeport sont les plus intéressants, parce qu'avec un passeport européen on peut aujourd'hui vivre et travailler dans 32 pays", explique Thierry Boitelle, avocat fiscaliste chez Bonnard international à Genève.

Le Royaume-Uni a toujours été très populaire, mais ses avantages ont disparu avec le Brexit et les personnes intéressées cherchent des alternatives. Elles se dirigent désormais principalement vers Malte et Chypre.

Motivations très diverses

Les clients en quête d'un nouveau passeport sont essentiellement russes et indiens, pour avoir accès à l'Union européenne (UE). Les ressortissants des pays du Golfe tablent, eux, sur la sécurité alors que les Iraniens sont toujours plus nombreux à vouloir voyager librement. Certains clients américains, enfin, ne souhaitent plus être imposés sur la base de leur nationalité.

Mais acquérir une nouvelle nationalité a un prix. "A Malte, pour une famille avec deux enfants, il faut compter grosso modo un million d'euros" note Thierry Boitelle. A Chypre, c'est un peu plus cher: il faut compter entre 2,5 et 5 millions d'euros d'investissements et de frais."

Intérêt financier pour les pays concernés

L'achat d'un passeport est également conditionné à certaines obligations. Il faut acquérir un logement dans le pays en question et investir. "Ces pays ont tout intérêt aussi à ce que ces gens résident aussi sur place", souligne encore l'avocat fiscaliste.

"Ce n'est pas seulement vendre un passeport. Si les gens s'installent, ils vont dépenser leur argent et déclarer leurs impôts sur place. Ces pays peuvent potentiellement y gagner beaucoup". Il existe aujourd'hui un véritable marché du passeport, alimenté aussi par les allègements fiscaux.

Estelle Braconnier/oang

Publié le 19 janvier 2017 à 15:35 - Modifié le 19 janvier 2017 à 16:45