Modifié le 22 novembre 2016 à 23:03

En interview, Donald Trump joue la carte de la normalisation

Donald Trump à son bureau dans la trump Tower à New York en mai 2016.
Donald Trump à son bureau dans la trump Tower à New York en mai 2016. [Mary Altaffer - Keystone]
Dans un entretien au New York Times qu'il avait préalablement voulu annuler, Donald Trump a tempéré plusieurs de ses déclarations choc passées, reconnaissant notamment le lien entre l'homme et le changement climatique.

Il y a un lien entre le changement climatique et l'activité humaine et "l'air pur est d'importance vitale", a déclaré mardi le futur président américain Donald Trump au New York Times. L'homme d'affaires a rencontré des journalistes et des responsables de ce quotidien de référence après avoir annoncé sur Twitter qu'il annulait l'entrevue (voir encadré).

Alors qu'il avait répété au cours de sa campagne que le réchauffement climatique était un "canular" et insisté sur sa volonté de faire sortir les Etats-Unis de l'Accord sur le climat conclu l'an dernier à Paris, Donald Trump a dit mardi qu'il gardait "l'esprit ouvert sur le sujet".

Prise de distance avec l'extrême droite

Le milliardaire a aussi défendu son proche conseiller Steve Bannon, qui a notamment dirigé le site ultra-conservateur Breitbart News. Donald Trump a assuré qu'il "ne (penserait) même pas à l'embaucher" s'il estimait "qu'il était raciste" ou d'extrême droite.

Le futur président s'est également démarqué d'un groupuscule d'extrême droite qui a fêté sa victoire électorale samedi à Washington lors d'une conférence marquée par des saluts nazis. "Je les désavoue et je les condamne", a-t-il dit au New York Times.

Conflit israélo-palestinien

Donald Trump a affirmé qu'il aimerait "être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens". "Ce serait une superbe réussite", a-t-il ajouté, alors que sa proposition de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël - contrairement à la tradition américaine - avait provoqué la colère des Palestiniens.

Le magnat de l'immobilier a ajouté que son gendre Jared Kushner, le mari de sa fille Ivanka, pourrait jouer un rôle dans d'éventuels pourparlers de paix.

Interrogé sur Hillary Clinton, Donald Trump a encore assuré qu'il fallait aller "de l'avant", laissant entendre qu'il ne poursuivrait pas son ancienne rivale à la présidentielle, que ce soit sur ses emails ou sa fondation. "Ce sujet a été examiné depuis trop longtemps, jusqu'à la nausée", a affirmé le milliardaire.

>> Lire aussi: L'administration Trump ne poursuivra pas Hillary Clinton pour ses emails

afp/ptur

Publié le 22 novembre 2016 à 22:12 - Modifié le 22 novembre 2016 à 23:03

Normalisation compliquée entre le président élu et les médias

Critique vis-à-vis des grands médias durant toute sa campagne, Donald Trump cherche désormais une forme de normalisation avec eux, mais continue à les mettre en cause publiquement et tente de les contourner à chaque occasion.

Rendez-vous pris avec le New York Times, puis annulé, tweets incendiaires contre le quotidien, rendez-vous finalement reprogrammé: la matinée de mardi a offert un concentré de la relation qu'entretient Donald Trump avec les médias traditionnels.

Après ces atermoiements, le milliardaire s'est donc rendu dans les locaux du New York Times pour y être interviewé. Le quotidien est "un grand grand joyau américain, mondial", a déclaré Donald Trump aux journalistes présents, selon l'une d'entre eux. Le matin même, il avait pourtant dit, sur Twitter, que le quotidien était "en déroute" et le couvrait "de façon inexacte et avec un ton désagréable".