Modifié le 11 novembre 2016 à 17:07

Le patron du journal turc d'opposition Cumhuriyet placé en garde à vue

Un patron de journal turc placé en garde à vue
Un patron de journal turc placé en garde à vue L'actu en vidéo / 15 sec. / le 11 novembre 2016
Le patron du quotidien d'opposition turc Cumhuriyet, Akin Atalay, a été arrêté et placé en garde à vue vendredi, a annoncé le journal. Neuf journalistes de ce titre avaient été mis en détention la semaine dernière.

Akin Atalay a été interpellé à son arrivée à l'aéroport Atatürk d'Istanbul, en provenance d'Allemagne, a précisé Cumhuriyet sur son site. Il était visé par un mandat d'arrêt dans le cadre d'une enquête sur des "activités terroristes".

La semaine dernière, neuf journalistes de Cumhuriyet, dont le rédacteur en chef Murat Sabuncu, ont été placés en détention, une mesure qui a suscité l'inquiétude des défenseurs des droits de l'Homme et des critiques internationales.

Le parquet avait annoncé au moment des arrestations que celles-ci se faisaient dans le cadre d'une enquête pour "activités terroristes" en lien avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen - accusé d'avoir ourdi le putsch raté - et avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste).

Lutte "jusqu'au bout"

Cumhuriyet, un quotidien d'opposition farouchement critique du président Recep tayyip Erdogan, a assuré après les arrestations de ses journalistes qu'il lutterait "jusqu'au bout", dans un pays où la presse a été particulièrement visée par les purges menées depuis le putsch avorté.

Parmi les collaborateurs du journal placés en détention la semaine dernière figurent le chroniqueur Kadri Gürsel et le caricaturiste Musa Kart.

Des opposants au président Erdogan et des organisations de défense des droits de l'homme accusent les autorités de se servir de l'état d'urgence instauré après le putsch manqué pour étouffer toute critique.

Activités "terroristes"

Les autorités turques nient pour leur part toute atteinte à la liberté de la presse et affirment que les seuls journalistes arrêtés sont ceux liés à des "organisations terroristes", expression désignant le PKK et le réseau güléniste.

Selon l'Association des journalistes de Turquie (TGC), 170 organes de presse ont été fermés, 105 journalistes placés en détention et 777 cartes de presse annulées depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet. La Turquie est 151e au classement mondial de la liberté de la presse dressé par RSF en 2016.

>> Lire sur ce sujet: Le régime turc ordonne la fermeture d'une centaine d'organes de presse

ats/fme

Publié le 11 novembre 2016 à 13:45 - Modifié le 11 novembre 2016 à 17:07