Modifié le 09 novembre 2016

"Le monde change, les Etats-Unis changent, la Suisse ne change pas"

Didier Burkhalter: "Le monde change, les Etats-Unis changent. La Suisse pas tellement."
Didier Burkhalter: "Le monde change, les Etats-Unis changent. La Suisse pas tellement." L'actu en vidéo / 6 min. / le 09 novembre 2016
Le chef du Département fédéral des affaires étrangères Didier Burkhalter a réagi mercredi aux résultats intermédiaires donnant Donald Trump vainqueur de la présidentielle américaine, assurant que la Suisse pourra travailler avec n'importe quelle administration.

Interrogé peu avant l'annonce de l'élection de Donald Trump à la présidence américaine, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a insisté mercredi dans le Journal du matin de la RTS sur la position officielle du Conseil fédéral.

Le suivi en direct des résultats de l'élection américaine: Donald Trump est élu à la présidence des Etats-Unis

"Le monde change, les Etats-Unis changent, la Suisse ne change pas tellement. Nous regardons toujours les choses du point de vue de l'intérêt de la Suisse", a déclaré le chef du Département fédéral des affaires étrangères.

La Suisse pourrait travailler avec n'importe quelle administration aux Etats-Unis.

Didier Burkhlater

"Ce qui reste pour nous, c'est notre mission d'encourager la paix et la sécurité, l'économie, la science et la recherche. Nous allons continuer de travailler de la même manière, continuer à défendre nos intérêts et nos valeurs."

"Nous pourrons travailler avec n'importe quelle administration aux Etats-Unis", ajoute-t-il

La fonction change un homme, l'oblige à être meilleur.

Didier Burkhalter

Le ministre des Affaires étrangères rappelle également la "balance économique positive" entre la Suisse et les Etats-Unis, représentant 50 milliards de francs par année.

L'arrivée de Trump au Bureau ovale pourrait-elle tarir ces échanges commerciaux? "La fonction change un homme, l'oblige à être meilleur. Il faut rester serein", également dans le domaine des relations internationales, affirme le ministre.

 "Nous sommes des partenaires des Etats-Unis, pas des alliés", comme en atteste notamment le rôle de la Suisse dans les relations USA-Iran et son mandat de protection des intérêts, précise-t-il.

Si les Etats-Unis sont déchirés, ce n'est pas bon pour le monde entier.

Didier Burkhalter

Une cassure sociale, telle qu'elle ressort des urnes américaines en ce jour, est-elle palpable aussi en Suisse? "Non", rétorque Didier Burkhalter. "Parce qu'il n'y a pas de classe politique en Suisse, il n'y a pas de cassure entre une élite et une non-élite, telle qu'on peut la remarquer également dans d'autres pays d'Europe.

"Il faut une discours qui rassemble aux Etats-unis. Si les Etats-Unis sont déchirés, ce n'est pas bon pour le monde. Il faut donner le temps à la nouvelle administration américaine de prendre ses marques."

>> Ecouter le message de la présidence suisse:

Johann Schneider-Ammann est mercredi à Berlin.
Le 12h30 - Publié le 09 novembre 2016

kkub

Publié le 09 novembre 2016 - Modifié le 09 novembre 2016

Réactions politiques en Suisse

"Les interrogations sont très nombreuses" concernant les possibles répercussions de la victoire électorale de Donald Trump sur la Suisse, affirme la présidente du Conseil national Christa Markwalder (PLR/BE). Le monde politique a toutefois intérêt à poursuivre les bonnes relations avec les Etats-Unis. Les points d'interrogation portent surtout sur le libre-échange et l'ouverture des marchés, selon la politicienne libérale-radicale.

Le Parti socialiste suisse (PS) se dit très inquiet de l'élection du "mégalomane, narcissique et populiste" Donald Trump. Il s'agit d'un signal d'alarme, en particulier pour les droits de femmes, la diversité culturelle et sociétale et le multilatéralisme, écrit le PS mercredi dans un communiqué.

"I need a drink", "j'ai besoin de boire un verre", s'est exclamée la secrétaire générale des femmes PLR, Claudine Esseiva. Pour son collègue de parti, le sénateur appenzellois Andrea Caroni, l'élection de Trump est "un énorme coup de théâtre politique". Le conseiller national libéral-radical bernois Christian Wasserfallen a carrément un message pour le nouveau président: "Cher Donald, dit-il, il faut maintenant passer de la parole aux actes".