Modifié le 07 novembre 2016 à 15:54

Les évêques de France s'excusent pour un "silence coupable" sur les abus sexuels

A la basilique du Rosaire de Lourdes, une messe en présence de tous les évêques a été présidée par l'archevêque de Paris André Vingt-Trois, le 7 novembre 2016.
A la basilique du Rosaire de Lourdes, une messe en présence de tous les évêques a été présidée par l'archevêque de Paris André Vingt-Trois, le 7 novembre 2016. [Pascal Pavani - AFP]
Réunis à Lourdes, haut-lieu de pèlerinage catholique, les évêques français ont demandé pardon lundi pour le "trop long silence coupable" de l'Eglise face aux abus sexuels commis par des prêtres, après des mois de scandales.

Messe, vêpres, jeûne pour les victimes de pédophilie. Le principe de ce "temps de prière et de pénitence" avait été annoncé en septembre par le Vatican, à l'initiative du pape François, qui a laissé à chaque conférence épiscopale le soin d'en choisir les modalités.

L'initiative est déjà en place dans plusieurs pays, alors que les scandales de pédophilie ont éclaboussé l'Eglise catholique ces dernières années dans le monde, aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique, en Irlande, en Pologne. En Australie, l'Eglise a choisi le 11 septembre, journée nationale de la protection de l'enfance, pour prier pour les victimes d'abus sexuels.

Initiative collective inédite

En France, les 115 évêques présents à Lourdes ont profité de leur grande assemblée annuelle d'automne pour vivre cette initiative collective inédite, marquée par un jeûne.

Cette journée revêt une dimension particulière dans ce pays, où l'Eglise est touchée par des révélations en chaîne d'affaires de pédophilie ou d'abus sexuels impliquant des prêtres.

afp/olhor

Publié le 07 novembre 2016 à 14:44 - Modifié le 07 novembre 2016 à 15:54

Affaires de pédophilie à répétition

Dans le diocèse de Lyon (sud-est), l'affaire du prêtre Bernard Preynat, soupçonné d'avoir abusé de près de 70 jeunes scouts, a terni l'image du cardinal Philippe Barbarin, même si l'enquête pour non-dénonciation visant ce dernier a été classée sans suite.

L'onde de choc s'est propagée dans les diocèses du pays, d'autant que d'autres cas ont été signalés ou ont resurgi aux quatre coins de la France, de Paris à Toulouse (sud) en passant par Clermont-Ferrand (centre).

L'Eglise a été pressée de réagir. La Conférence des évêques de France (CEF) a annoncé en avril une série de mesures, dont une boîte mail dédiée au recueil de la parole des victimes. Une centaine de courriels ont été reçus en six mois pour des abus sexuels souvent antérieurs à 1970.