Modifié le 31 octobre 2016 à 22:56

La "jungle" de Calais a disparu, mais le défi des migrants demeure en France

Une opération des forces de l'ordre dans un camp de fortune de migrants vire à la violence
Une opération des forces de l'ordre dans un camp de fortune de migrants vire à la violence L'actu en vidéo / 1 min. / le 31 octobre 2016
Alors que plusieurs pelleteuses finissaient de déblayer lundi les ruines de la "jungle" de Calais, le plus grand bidonville de France, la question de l'accueil des migrants a ressurgi à Paris.

Encore occupé il y a peu par 6000 à 8000 migrants désireux de rejoindre l'Angleterre, le plus grand bidonville de France a été entièrement rasé lundi soir au terme d'une opération de démantèlement lancée la semaine dernière, selon le programme prévu par les autorités.

Environ 5000 adultes ont été évacués ces derniers jours vers des centres disséminés sur l'ensemble du pays. Quelque 1500 mineurs, rassemblés dans un centre d'accueil dédié, attendent encore sur place l'examen de leur dossier par les autorités britanniques, avec l'espoir de franchir la Manche, grâce aux dispositions sur le regroupement familial et sur les personnes vulnérables.

François Hollande salue un succès

Dans un entretien à paraître mardi dans le quotidien régional La Voix du Nord, le président français, François Hollande, a assuré "qu'il n'y aura pas de réinstallation" de migrants dans la "jungle" de Calais.

Saluant une opération "efficace et ferme", il s'est félicité que depuis "le mois d'octobre 2015 ce sont 13'000 migrants qui auront été orientés à partir de Calais vers des centres d'accueil".

Violences dans le camp proche de Stalingrad à Paris

Le camp de Calais à peine rasé, les effets de la crise migratoire sans précédent que connaît l'Europe surgissent ailleurs: depuis quelques jours, un campement peuplé de Soudanais, d'Erythréens, d'Afghans ou de Libyens ne cesse de grossir dans un quartier populaire du nord de Paris, avec 2000 personnes environ installées sur les trottoirs.

Une opération de "contrôle administratif" était en cours lundi matin dans ce camp de fortune. Plusieurs migrants se sont fait déloger parfois avec violence par les forces de l'ordre (voir la vidéo ci-dessus). Tout le week-end, de nombreux responsables politiques, dont le chef de l'Etat François Hollande, ont promis de l'évacuer dans le courant de la semaine.

Le gouvernement travaille de son côté pour créer près de 9000 places supplémentaires dans des centres d'accueil aux quatre coins de France. Le programme de répartition ne suscite pas toujours l'enthousiasme des localités concernées, avec des mouvements de protestation souvent portés par l'extrême droite, à moins de six mois de l'élection présidentielle.

afp/ebz/olhor

Publié le 31 octobre 2016 à 15:23 - Modifié le 31 octobre 2016 à 22:56

Plus de camps improvisés en France

Bien décidé à redorer le blason humanitaire du pays et à faire oublier sa gestion tardive de la vague migratoire, le président François Hollande a promis samedi que la France ne tolérerait plus sur son sol de camps improvisés comme celui de Calais qui "n'était pas digne de ce que peut être l'accueil de la France".

Très engagée sur la question de l'accueil des réfugiés, la maire de Paris Anne Hidalgo a adressé une lettre au gouvernement français pour lui rappeler "l'absolue nécessité" de démanteler le camp de fortune du nord de Paris, dans une "situation humanitaire et sanitaire dramatique".

Plus de 300'000 migrants arrivés en Europe

Plus de 300'000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée pour se rendre en Europe en 2016, dont au moins 3800 sont morts ou ont disparu pendant la traversée, selon les derniers bilans du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés.

L'Italie, l'une des principales portes d'entrée du continent avec la Grèce, a été confrontée en octobre à un nombre record d'arrivées, à plus de 27'000 personnes.