Modifié le 09 octobre 2016 à 06:09

Des raids de la coalition arabe font plus de 140 morts à Sanaa, au Yémen

Les dégâts à Saana provoqués par les raids aériens attribués à la coalition arabe, le 8 octobre 2016.
Les dégâts à Saana provoqués par les raids aériens attribués à la coalition arabe, le 8 octobre 2016. [Khaled Abdullah - Reuters]
Plus de 140 personnes ont été tuées et des centaines blessées samedi dans la capitale yéménite Sanaa, selon les rebelles houthis. Elles ont été victimes de raids aériens attribués à la coalition arabe dirigée par Ryad, qui nie.

La coalition a rapidement nié toute implication dans ces frappes, estimant dans un communiqué qu'il faudrait considérer "d'autres causes" à l'attaque, qualifiée de "massacre" par les rebelles.

"Le bilan est très lourd: plus de 520 blessés et plus de 100 martyrs", avait annoncé le ministère de la Santé. Le bilan s'est, depuis, alourdit à plus de 140 victimes.

Une foule en deuil visée

Les raids ont visé une salle publique où de nombreuses personnes étaient réunies dans l'après-midi. Elles venaient présenter leurs condoléances pour la mort du père du "ministre de l'Intérieur", Jalal al-Rouichène, a indiqué Sabanews.net. Un énorme incendie s'est déclaré dans le bâtiment, qui s'est effondré, ont indiqué des habitants.

Les rebelles houthis se sont emparés de Sanaa il y a plus de deux ans. Ils sont combattus par la coalition arabe, alliée du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

agences/olhor

Publié le 08 octobre 2016 à 20:21 - Modifié le 09 octobre 2016 à 06:09

Maire de Sanaa tué

Le maire de Sanaa, Abdel Qader Hilal, figure parmi les personnes tuées, a indiqué la chaîne de télévision des rebelles Al-Masirah. Les rebelles n'ont pas précisé si M. Rouichène ou d'autres personnalités étaient présentes au moment de l'attaque.

Le général Jalal al-Rouichène avait été nommé ministre de l'Intérieur par le président Abd Rabbo Mansour Hadi. Il est resté en poste après que les Houthis ont conquis Sanaa en septembre 2014.

Manifestation devant le bureau de l'ONU dimanche

Le gouvernement yéménite a dû fuir le pays après la prise de Sanaa par les rebelles. Il tente aujourd'hui de regagner le terrain perdu avec l'appui de la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite voisine. La coalition militaire arabe n'a pas encore réagi aux affirmations des rebelles sur sa responsabilité dans l'attaque.

Le Conseil politique suprême, mis en place récemment par les Houthis et leurs alliés, les partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, a appelé les Yéménites à participer dimanche matin à une manifestation devant le bureau de l'ONU à Sanaa. Ils entendent protester contre "les crimes de guerre" de la coalition.