Modifié le 06 octobre 2016 à 21:41

Staffan de Mistura prêt à accompagner les membres d'Al-Nosra hors d'Alep

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura lors d'une conférence aux Nations unies à Genève, le 6 octobre 2016.
L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura lors d'une conférence aux Nations unies à Genève, le 6 octobre 2016. [Denis Balibouse - Reuters]
L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura s'est dit, jeudi à Genève, prêt à accompagner "physiquement" les 900 membres du Front Al-Nosra hors d'Alep pour faire cesser la destruction de la ville.

Les combattants extrémistes doivent établir si leur présence va constituer un prétexte "pour la destruction de toute la ville parce qu'ils ont décidé de rester", a affirmé devant la presse l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie.

Il a aussi demandé au régime et à la Russie de déclarer la suspension des "bombardements" si cette sortie vers la province d'Idleb ou d'autres régions a lieu.

"L'Histoire jugera" des responsabilités

L'armée syrienne avait exigé mercredi soir l'évacuation de la partie orientale d'Alep. Elle mettait en garde tous ceux qui ne profiteront pas de la réduction des bombardements. L'état-major annonçait aussi avoir coupé toutes les routes utilisées par les insurgés d'Alep et assurait disposer d'indications précises sur leurs positions et celles de leurs munitions.

>> Lire: Moins de bombardements promis sur Alep, déclarée "zone assiégée" par l'ONU

Contrairement à la Russie, Staffan de Mistura souhaite que l'administration locale puisse rester à la tête de l'est d'Alep, avec une présence internationale. "L'Histoire jugera" des responsabilités, a-t-il encore affirmé.

ats/olhor

Publié le 06 octobre 2016 à 15:17 - Modifié le 06 octobre 2016 à 21:41

Près de 280'000 civils encerclés

Il ne faut pas demander à la population de prendre la responsabilité d'une situation pour laquelle elle n'est pas en cause, a dit Staffan de Mistura. Outre les membres du Front Al-Nosra, l'ONU estime à 8000 le nombre de combattants des groupes armés de l'opposition dans l'est d'Alep.

Il faut éviter "un autre Srebrenica et un autre Rwanda" à Alep pour les près de 280'000 civils assiégés, dont 100'000 enfants, selon l'émissaire de l'ONU. Pour le moment, les deux côtés "essaient de trouver une solution militaire pour imposer ensuite une solution politique", déplore-t-il.

Plus de 200 personnes doivent être évacuées. Plus de 370 personnes ont été tuées, dont trois médecins et deux infirmières, et plus de 1200 blessées dans les récentes violences. Deux hôpitaux ont été quasiment détruits.

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité vendredi

Le Conseil de sécurité des Nations unies va se réunir en urgence vendredi au sujet de la situation en Syrie, après les craintes émises par son envoyé spécial que les quartiers rebelles d'Alep risquaient d'être "totalement détruits" d'ici la fin de l'année.

La Russie a réclamé cette rencontre pour pouvoir entendre un compte-rendu de Staffan de Mistura, envoyé de l'ONU pour la Syrie, qui doit s'exprimer par vidéoconférence depuis Genève à partir de 14H00 GMT vendredi, ont indiqué des diplomates.