Modifié le 30 août 2016 à 14:56

La cruauté de l'EI documentée via ses dizaines de charniers en Syrie et en Irak

Des forces kurdes inspectent un site marqué d'un panneau "charnier" dans le nord de l'Irak.
Des forces kurdes inspectent un site marqué d'un panneau "charnier" dans le nord de l'Irak. [AP Photo/Dalton Bennett - Keystone]
Sur les territoires anciennement contrôlés par l'EI en Syrie et en Irak, 72 fosses communes ont été recensées dans un travail de recherche publié mardi par Associated Press. Des milliers de victimes y seraient enfouies.

Grâce à des témoignages exclusifs et des recherches photographiques, l'agence de presse américaine a cartographié un total de 72 charniers en Syrie et en Irak, précisant que plus le groupe Etat islamique (EI) perdra du terrain, plus on découvrira des fosses communes dans les zones abandonnées par les djihadistes.

Les plus petits charniers documentés par AP contiennent trois corps, les plus importants plusieurs milliers. Le nombre de victimes enfouies dans les fosses communes n'est parfois pas connu, le territoire était trop dangereux pour procéder à des fouilles, à l'image de 16 charniers en Irak. Mais en ne tenant compte que des victimes connues, AP estime le nombre de morts entre 5200 et 15'000.

Les charniers de l'EI documentés par AP en Irak.
Les charniers de l'EI documentés par AP en Irak. [DR - AP]

Les charniers de l'EI en Syrie, plus difficiles à cartographier à cause de la présence des djihadistes dans le pays.
Les charniers de l'EI en Syrie, plus difficiles à cartographier à cause de la présence des djihadistes dans le pays. [DR - AP]

La région de Sinjar particulièrement touchée

Parmi les régions cartographiées par AP, les monts Sinjar, au nord de l'Irak près de la frontière syrienne, comptent de nombreuses fosses communes. Certaines ont été découvertes sur des territoires regagnés à l'EI après le massacre commis à l'encontre des populations yézidies en août 2014. D'autres se trouvent encore dans un no man's land à sécuriser.

L'EI n'a jamais cherché à cacher ces charniers, rappelle l'agence de presse. Mais avec le temps, les tombes se détériorent et les preuves de ce qui a été décrit comme un génocide par les Nations unies disparaissent.

"Les preuves montrent clairement que (les djihadistes) avaient l'intention d'exterminer le peuple yézidi", explique Naomi Kikoler, qui s'est rendue sur place pour le Musée de l'Holocauste à Washington. "Mais il n'y a eu pratiquement aucun effort pour documenter de manière systématique les crimes perpétrés et s'assurer que les charniers soient identifiés et protégés."

ap/tmun

Publié le 30 août 2016 à 09:38 - Modifié le 30 août 2016 à 14:56