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Au Gabon, Jean Ping s'autoproclame président, faisant craindre des violences

L'opposant Jean Ping (au centre) devant son quartier général à Libreville, peu après avoir proclamé sa victoire à la présidentielle au Gabon. [Marco Longari - AFP]
L'opposant Jean Ping (au centre) devant son quartier général à Libreville, peu après avoir proclamé sa victoire à la présidentielle au Gabon. [Marco Longari - AFP]
L'opposant Jean Ping s'est proclamé dimanche à Libreville vainqueur de l'élection présidentielle au Gabon, dont les résultats officiels doivent être annoncés mardi. Les observateurs craignent des troubles post-électoraux.

"Je suis l'élu. J'attends que le président sortant m'appelle pour me féliciter", a déclaré le rival du président sortant Ali Bongo Ondimba, dans ses premières déclarations publiques depuis la clôture du scrutin de samedi.

Le camp de Bongo revendique également la victoire et les deux camps s'accusent de fraude.

Résultats officiels mardi

"Au moment où je m'exprime devant vous, les tendances générales nous donnent vainqueurs", a affirmé l'ex-patron de l'Union africaine, vivement acclamé par des centaines de militants.

"Vous avez déjoué les pièges de la fraude congénitale de ce régime que nous accompagnons enfin dignement vers la sortie", a-t-il ajouté.

Jean Ping, âgé de 73 ans, a été plusieurs fois ministre dès les années 80 sous le règne du précédent président Omar Bongo, au pouvoir pendant 41 ans jusqu'à sa mort en 2009. Il a promis de nouvelles déclarations après la proclamation officielle des résultats prévue ce mardi 30 août vers 17h00 (16H00 GMT).

afp/olhor

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Proclamation illégale

Les rues de la capitale Libreville étaient quasi désertes dimanche. La vie semble comme suspendue à l'attente des résultats, après une nuit sans incident signalé. Dans la matinée, les fidèles se sont rendus aux offices religieux dominicaux, mais l'affluence était moindre que d'ordinaire.

Lors de la présidentielle de 2009, la victoire d'Ali Bongo Ondimba avait été contestée par l'opposition. Ce qui avait entraîné des violences meurtrières, notamment à Port-Gentil, le poumon pétrolier du pays, et l'instauration du couvre-feu.