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La Grèce réclame un "plan B" pour les migrants en cas de revirement turc

Des migrants interceptés part des agents turcs alors qu'ils approchaient l'île grecque de Lesbos, en décembre 2015. [Keystone]
Des migrants interceptés part des agents turcs alors qu'ils approchaient l'île grecque de Lesbos, en décembre 2015. [Keystone]
Le ministre grec de l'Immigration Yannis Mouzalas a réclamé mercredi un "plan B" de l'Union européenne au cas où la Turquie dénoncerait l'accord controversé qui a permis de réduire le flux de migrants vers l'Europe.

"Nous sommes très préoccupés, nous avons besoin dans tous les cas d'un plan B", a déclaré dans un entretien au quotidien allemand Bild le ministre chargé de l'Immigration du gouvernement d'Alexis Tsipras, alors que la Grèce a été en 2015 la principale porte d'entrée des réfugiés et migrants cherchant l'asile dans l'UE.

Athènes craint qu'un échec de l'accord conclu le 18 mars entre les Européens et les Turcs n'entraîne la reprise des arrivées massives de réfugiés, notamment sur les îles proches des côtes turques.

Le pouvoir turc, mis à mal par un coup d'Etat manqué, menace de faire capoter cet accord si l'UE ne supprime pas les visas pour les Turcs souhaitant voyager en Europe.

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan (d.) et son Premier ministre Binali Yildirim le 22 juillet 2016 lors d'une conférence de presse. [Adem Altan - Turkish Presidential Press Office/AFP]Adem Altan - Turkish Presidential Press Office/AFP
La Turquie hausse le ton face à ses partenaires occidentaux / Le Journal du matin / 2 min. / le 2 août 2016

Réexamen de l'accord réclamé

L'Allemagne a jusqu'ici rejeté l'idée d'un "plan B". Mais Bärbel Kofler, chargée des questions de Droits de l'homme auprès du gouvernement allemand, a réclamé mercredi "un réexamen" de cet accord "à la lumière des évolutions actuelles en Turquie".

"L'accord présuppose l'existence d'un Etat de droit de tous les côtés, en Turquie actuellement ce n'est pas le cas", a-t-elle indiqué dans un entretien à un groupe de journaux régionaux.

"Il y a beaucoup de choses dans cet accord qui ne fonctionnent pas", a également critiqué la responsable sociale-démocrate, évoquant notamment le très faible nombre de Syriens accueillis en Europe dans le cadre de cet accord.   

Répartition des migrants dans l'UE

Yannis Mouzalas pour sa part a enjoint à ses pairs européens d'accueillir des migrants. "Les réfugiés doivent être équitablement répartis dans tous les pays de l'UE, et pas seulement dans certains", a-t-il plaidé. Certains pays traînent des pieds pour ouvrir leurs portes tandis que d'autres, en Europe de l'Est, refusent carrément d'en recevoir malgré les engagements pris par l'UE. 

L'an dernier des centaines de milliers de migrants ont traversé la mer Egée dans des conditions dramatiques et périlleuses pour rejoindre la Grèce. Les îles grecques, notamment Lesbos, se sont retrouvées débordées par cet afflux malgré la solidarité des habitants et la présence de nombreuses ONG.

L'Union européenne, emmenée par l'Allemagne, et Ankara avaient finalement trouvé une entente prévoyant notamment le renvoi des Syriens vers la Turquie. Cet accord, dénoncé par les organisations de défense des droits de l'Homme, a eu un effet dissuasif: le nombre d'arrivées de migrants a considérablement chuté depuis la mise en place de l'accord le 20 mars.

afp/fme

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