Modifié le 16 juillet 2016 à 20:14

Nice, un terreau de radicalisation connu des services de renseignement

Les traces du drame sont visibles sur la Promenade des Anglais à Nice.
Les traces du drame sont visibles sur la Promenade des Anglais à Nice. [Marc Allgöwer - RTS]
La région de Nice est connue depuis plusieurs années pour abriter un foyer de radicalisation islamiste. Plusieurs jeunes de la région sont déjà partis de cette ville pour rejoindre les filières djihadistes.

Confrontée à des départs réguliers de plusieurs jeunes vers la Syrie, Nice a également déjà été dans le passé ciblée par la menace djihadiste avant l'attaque au camion qui a fait plus de 80 morts jeudi soir, même si rien pour l'heure ne permet de relier l'auteur de l'attaque avec l'EI.

>> Le suivi en direct après l'attaque: Deux victimes suisses parmi les 84 morts de l'attaque de Nice

Spécialiste des réseaux djihadistes, le journaliste David Thomson a déclaré dans l'émission Forum de la RTS que Nice est la ville qui a connu le plus de départs de jeunes vers les réseaux djihadistes irakiens et syriens.

>> L'interview de David Thomson:

Nice est l'une des villes françaises les plus touchées par le phénomène djihadiste

David Thomson
 

David Thomson.
- France24
Forum - Publié le 15 juillet 2016

"On sait qu'à Nice, il y a un foyer de radicalisation", note pour sa part le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015 en France, le député socialiste Sébastien Pietrasanta. Depuis 2015, c'est d'ailleurs, hors région parisienne, "la seule zone en France où le dispositif de sécurité avait été réévalué, pour passer en 'alerte attentat'", poursuit-il.

Une enquête sur une cellule islamiste démantelée en 2012 avait d'ailleurs mis en lumière un projet d'attaque visant le carnaval de Nice, symbole du rayonnement international de la ville.

Un imam radical et recruteur

David Thomson explique la raison de ce foyer notamment par la présence à Nice de O.O., devenu un imam radical autoproclamé de la ville et qui avait rejoint la Syrie en 2013. Il était considéré par les services antiterroristes comme un important recruteur de candidats au djihad en Syrie et un proche de Forsane Alizza, un groupuscule islamiste dissous en 2012 par le gouvernement français.

Auteur de vidéos de propagande, cet ex-délinquant franco-sénégalais affirmait se battre pour Jabhat al-Nosra (branche d'Al-Qaïda en Syrie). Alors qu'il avait fait circuler l'annonce de sa mort, le djihadiste est réapparu début juin dans un tournage de la chaîne de TV France 2 pour l'émission "Complément d'enquête".

Un journaliste est entré en contact avec lui, d'abord via des proches, puis les réseaux sociaux. Il a ensuite envoyé dans son camp en Syrie, dans la région de Lattaquié, un caméraman syrien pour parler avec ce commandant d'une katiba (cellule) d'une trentaine de jeunes Français, la plupart originaires comme lui de Nice et sa région.

D'autres noms connus

En mars, le nom de cette figure du djihadisme français avait déjà resurgi lors de l'arrestation en région parisienne d'un homme soupçonné de vouloir mener des "projets d'actions violentes" en France, selon une source proche du dossier.

Cet individu avait été condamné en 2014, aux côtés de deux hommes, pour un voyage interrompu vers les terres du djihad syrien. Le trio était entré en contact lors d'une réunion organisée fin 2011 à Nice.

L'un de ces deux hommes avait travaillé en 2012 dans un snack hallal de Nice baptisé "la Nosra", dans le viseur des services de renseignement, avant son départ pour la Syrie, selon des sources policières.

afp/boi

Publié le 15 juillet 2016 à 18:48 - Modifié le 16 juillet 2016 à 20:14