Modifié le 04 juin 2016 à 11:05

Seules 411 personnes renvoyées de Grèce vers la Turquie depuis mars

Des tensions ont éclaté sur l'île de Lesbos entre migrants et des centaines de personnes, notamment des familles, ont dû être évacuées.
Des tensions ont éclaté sur l'île de Lesbos entre migrants et des centaines de personnes, notamment des familles, ont dû être évacuées. [Petros Tsakmakis/InTime News via AP - Keystone]
Alors que la saison touristique approche, des milliers de migrants sont bloqués sur les îles grecques où la tension monte. Depuis l'entrée en vigueur de l'accord Turquie-UE, seuls 411 migrants ont été renvoyés.

La mise en oeuvre de l'accord UE-Ankara stagne, même si Athènes affiche sa volonté de s'y tenir. Résultat, des tensions éclatent sur les îles situées face à la Turquie où s'entassent des migrants qui continuent à arriver, même à flux réduit.

Avec des capacités d'accueil insuffisantes (7500 places officiellement), les réfugiés et les migrants sont près de 8500 à être bloqués principalement à Samos, Chios, Leros, Kos et Lesbos, où des affrontements dans le camp de Moria ont fait trois blessés graves cette semaine.

Pakistanais renvoyés

L'accord passé entre l'UE et la Turquie prévoit le renvoi de tous les migrants et demandeurs d'asile, y compris les réfugiés syriens, arrivés en Grèce depuis le 20 mars. Mais depuis son entrée en vigueur, seules 411 personnes ont été renvoyées en Turquie, en majorité des Pakistanais, qui n'avaient pas fait de demande d'asile.

Les services des demandes d'asile sont débordés par la multiplication des dossiers. A mi-mai, moins de la moitié des quelque 800 experts et interprètes promis par l'UE étaient à pied d'oeuvre.

ats/sbad

Publié le 04 juin 2016 à 08:50 - Modifié le 04 juin 2016 à 11:05

"Seuls 2 dossiers étudiés jusqu'au bout" depuis mars

La Grèce a décidé d'étudier chaque demande d'asile au cas par cas, car Athènes a refusé de reconnaître a priori à la Turquie le statut de pays tiers sûr. La commission européenne avait pourtant plaidé pour cette option qui aurait permis des renvois rapides et massifs.

Sur 878 demandes officiellement déposées à la mi-mai, dont 770 par des Syriens, seuls deux dossiers ont été examinés jusqu'au bout, selon une source gouvernementale. Dans l'un des cas rendu public, le demandeur syrien a décroché l'asile en appel, et évité le renvoi, au motif que la Turquie n'était "pas un pays sûr pour lui".

Rixes

En attendant, les migrants n'ont pas le droit de quitter les îles, même s'ils peuvent y circuler librement après une première période de rétention de 25 jours.

Dans la nuit de vendredi à samedi, une dizaine de migrants ont été blessés lors de rixes entre Pakistanais et Afghans dans le principal camp de migrants de l'île grecque de Lesbos. Des centaines de personnes, notamment des familles, ont été évacuées dans la nuit.

A Lesbos, Chios ou Kos, les humanitaires s'inquiètent de l'insécurité pour les femmes et les enfants. Des tentatives de suicide et des grèves de la faim y sont régulièrement signalées. Les conditions d'hygiène et la qualité de la nourriture sont également montrés du doigt.