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Accusé de harcèlement sexuel, un vice-président de l'Assemblée française démissionne

L'élu écologiste Denis Baupin lors d'un sommet sur le climat en Colombie en 2012. [MAURICIO DUENAS]
L'élu écologiste Denis Baupin lors d'un sommet sur le climat en Colombie en 2012. - [MAURICIO DUENAS]
Le député écologiste français Denis Baupin a démissionné lundi de la vice-présidence de l'Assemblée nationale pour "pouvoir assurer sa défense". Il est accusé de "harcèlement" et "agression sexuelle" par des élues.

Le président de l'Assemblée française, Claude Bartolone, avait appelé un peu plus tôt Denis Baupin, 41 ans, à démissionner après la révélation lundi par des médias de ces faits présumés, couverts par la prescription et émanant de témoignages de huit femmes, dont au moins quatre élues.

"Denis Baupin conteste fondamentalement l'idée de harcèlement sexuel et plus encore d'agression sexuelle, qui lui sont totalement étrangers", a assuré son avocat, selon lequel le député "envisage" de porter plainte pour diffamation.

Aucune plainte déposée

Les témoignages diffusés lundi par France Inter et le site d'informations Mediapart portent sur des faits remontant jusqu'à la fin des années 1990 même si, soulignent les deux médias, aucune plainte n'a été déposée à ce jour.

Cette nouvelle affaire écorne un peu plus l'image d'hommes politiques français fréquemment accusés de machisme et de gestes déplacés.

agences/tmun

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"Il m'a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine"

Parmi les élues dénonçant le comportement de Denis Baupin, la porte-parole du parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Sandrine Rousseau, a raconté des faits remontant à octobre 2011 lors d'une réunion du parti écologiste à Montreuil, près de Paris.

"A un moment donné, j'ai voulu faire une pause", a-t-elle raconté à Mediapart et à la radio France Inter. "Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m'a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m'embrasser. Je l'ai repoussé violemment".

"Des accusations extrêmement graves"

Plusieurs membres d'EELV ont reconnu lundi ne pas être surpris des accusations à l'encontre de Denis Baupin: "C'était très, très connu dans le parti", a assuré un collaborateur du groupe écologiste à l'Assemblée.

Le député François de Rugy (ex-EELV) s'est cependant dit sur France Inter "abasourdi parce que ce sont des accusations extrêmement graves. "Si ces faits sont avérés, ils doivent bien sûr être condamnés et c'est à la justice d'établir la vérité des faits".

En France, la prescription est de trois ans pour les délits, dont les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel.