Modifié le 30 mars 2016 à 11:01

La reconstruction de Palmyre "illusoire", selon une experte de l'Unesco

Les images de la citadelle de Palmyre libérée, fournies par l'Agence arabe syrienne (SANA).
Comment envisager la reconstruction de la ville de Palmyre? Tout un monde / 9 min. / le 30 mars 2016
Annie Sartre-Fauriat, membre du groupe d'experts de l'Unesco pour le patrimoine syrien, se dit "perplexe sur la capacité de reconstruire Palmyre", détruite par le groupe Etat Islamique.

"Tout le monde s'enflamme parce que Palmyre est 'libérée', mais il ne faut pas oublier tout ce qui a été détruit et la catastrophe humanitaire du pays. Je suis très perplexe sur la capacité, même avec l'aide internationale, de rebâtir le site", a indiqué l'historienne spécialiste du Moyen-Orient.

"Quand j'entends dire qu'on va reconstruire le temple de Bêl, ça me paraît illusoire. On ne va pas reconstruire quelque chose qui est à l'état de gravats et de poussière. Construire quoi? un temple neuf? Il y aura peut-être d'autres priorités en Syrie (...)", observe-t-elle.

Construire quoi? Un temple neuf? Il y aura peut-être d'autres priorités en Syrie

Annie Sartre-Fauriat, membre du groupe d'experts de l'Unesco pour le patrimoine syrien

Réhabilitation en cinq ans

Outre la citadelle du XIIIe siècle endommagée lors des combats pour la prise de la ville, l'EI a détruit les temples de Bêl et Baalshamin, l'Arc de triomphe, plusieurs tours funéraires ainsi que le Lion d'al-Lât.

Le chef des Antiquités et des Musées de Syrie a affirmé lundi qu'il faudrait cinq ans pour réhabiliter les monuments détruits ou endommagés.

>> Les premières images de la cité de Palmyre libérée diffusées dimanche par la télévision d'Etat

Les premières images de la cité de Palmyre libérée
L'actu en vidéo - Publié le 28 mars 2016

afp/mo/jvia

Publié le 28 mars 2016 à 11:24 - Modifié le 30 mars 2016 à 11:01

Trois semaines d'offensive

Soutenue par l'aviation et les forces spéciales russes, ainsi que par le Hezbollah libanais et des milices, l'armée avait lancé le 7 mars l'offensive pour reprendre Palmyre à l'EI, qui s'en était emparée en mai 2015.

En 20 jours de combats, 400 djihadistes sont morts, "le bilan le plus lourd pour l'EI dans une seule bataille depuis son émergence" dans le conflit en 2013, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). 188 membres des forces pro-régime ont aussi péri.

Il s'agit de la victoire la plus importante du régime face à l'EI depuis l'intervention militaire dans le conflit syrien, fin septembre 2015, de la Russie.

L'interview du journaliste et ex-otage français Nicolas Hénin