Modifié le 25 février 2016 à 21:02

La Grèce rappelle son ambassadrice à Vienne sur fond de crise migratoire

La Grèce exprime sa colère face à une crise migratoire devenue ingérable
La Grèce exprime sa colère face à une crise migratoire devenue ingérable 19h30 / 2 min. / le 25 février 2016
Athènes a convoqué jeudi son ambassadrice à Vienne pour des consultations sur fond de querelle entre la Grèce et l'Autriche au sujet de la crise migratoire, a-t-on appris de source gouvernementale.

"En vertu d'une décision du ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias, l'ambassadrice de Grèce à Vienne a été appelée à Athènes pour des consultations afin de conserver les bonnes relations entre les pays et les peuples de la Grèce et de l'Autriche", a indiqué un communiqué ministériel.

Athènes avait protesté mardi auprès de Vienne et de l'UE pour le renforcement "unilatéral" des contrôles aux frontières des pays des Balkans, ce qui a provoqué le blocage de milliers de migrants sur son territoire.

Embouteillage à la frontière

Au poste d'Idomeni à la frontière gréco-macédonienne, au moins 3500 migrants attendaient jeudi de pouvoir entrer en Macédoine, qui a considérablement réduit le nombre de ceux autorisés à pénétrer sur son territoire.

A la suite d'une décision prise par cinq pays de la route des Balkans, Autriche, Macédoine, Croatie, Slovénie et Serbie, le contrôle a été renforcé côté macédonien, la police n'autorise depuis dimanche que les Syriens et les Irakiens à passer, ce qui provoque un embouteillage côté grec.

>> Lire: Embouteillage de migrants à la frontière greco-macédonienne

Les autorités grecques ont été contraintes de conduire une partie de ces migrants dans les camps d'accueil de Diavata, dans le nord, et de Schisto, près d'Athènes.

Jeudi, seules 100 personnes ont jusqu'à présent été autorisées à passer en Macédoine, après 250 pour toute la journée de mercredi.

>> Le point avec notre envoyé spécial Yves Magat:

Colère grecque: le point avec Yves Magat à Idomeni
19h30 - Publié le 25 février 2016

afp/jgal

Publié le 25 février 2016 à 14:28 - Modifié le 25 février 2016 à 21:02

"Nous n'accepterons pas de devenir un entrepôt d'êtres humains"

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a menacé mercredi de dorénavant refuser tout accord européen si le fardeau de la crise migratoire "n'est pas partagé d'une manière proportionnelle" par les pays membres de l'Union européenne.

Il a annoncé la convocation de tous les chefs des partis grecs pour se mettre d'accord sur la gestion de la crise migratoire avant le sommet du 7 mars à Bruxelles.

"Il faut le plus large consensus politique sur cette question. Nous n'allons pas accepter que notre pays se transforme en un entrepôt d'êtres humains", a souligné le Premier ministre.

L'ONU insiste contre l'Autriche et quatre pays des Balkans

L'ONU est à l'offensive contre l'accord conclu la semaine dernière entre l'Autriche et quatre pays des Balkans pour fermer leurs frontières aux migrants. Le Haut Commissaire aux droits de l'homme a dénoncé jeudi à Genève une "exacerbation de la crise" qui met ces personnes en danger.

Mais le traitement des réfugiés et des migrants dans ces pays "semblait déjà avoir changé" avant cette mesure, a estimé Zeid Raad Al Hussein. Les indications suggèrent que des "déportations en chaîne" ont lieu sur toute la route des Balkans vers la Grèce. Elles concernent l'Autriche mais aussi la Slovénie, la Croatie, la Serbie et la Macédoine.

Des centaines d'Afghans ont été bloqués dans "des conditions abjectes" pendant plus de cinq jours à la frontière entre la Macédoine et la Grèce, en raison de leur nationalité.