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L'Arabie saoudite exécute un imam et 46 personnes pour "terrorisme"

Une photographie du cheikh Nimr al-Nimr durant une manifestation contre le gouvernement d'Arabie saoudite. [AP Photo, File]
Une photographie du cheikh Nimr al-Nimr durant une manifestation contre le gouvernement d'Arabie saoudite. [AP Photo, File]
L'Arabie saoudite a exécuté 47 personnes condamnées pour "terrorisme" dont le dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure de la contestation contre le régime, a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur.

Le neveu de l'imam exécuté, Ali al-Nimr, accusé d'avoir pris part alors qu'il était mineur à des manifestations inspirées du Printemps arabe, ne figure pas parmi les personnes exécutées.

>> Lire: Mobilisation pour sauver un jeune Saoudien menacé d'exécution

Le cheikh Nimr al-Nimr, virulent critique de la dynastie sunnite des Al-Saoud, a été la figure de proue d'un mouvement de contestation du gouvernement qui avait éclaté en 2011 dans l'est de l'Arabie où vit l'essentiel de la minorité chiite.

Menaces d'Al-Qaïda

Il avait été condamné à mort en octobre 2014 pour "sédition", "désobéissance au souverain" et "port d'armes" par un tribunal de Ryad spécialisé dans les affaires de terrorisme. L'Iran, à majorité chiite, avait prévenu que son exécution "coûterait cher à l'Arabie saoudite".

La plupart des personnes exécutées étaient impliquées dans une série d'attaques organisées par Al-Qaïda entre 2003 et 2006. Al-Qaïda au Yémen avait menacé le mois dernier de faire "couler le sang" si les autorités saoudiennes décidaient de mettre à mort des djihadistes.

ats/asch

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Des exécutions "justes"

Le communiqué du ministère de l'Intérieur commence par des versets du coran pour justifier le recours à ces exécutions. Des images de la télévision saoudienne proposaient un rappel des attaques commises entre 2003 et 2006.

Le grand mufti saoudien Abdoulaziz Al al-Cheikh est apparu pour expliquer que ces exécutions étaient justes.

Le royaume saoudien a procédé l'an passé à 157 exécutions, la plupart par décapitation publique, et à 90 en 2014.

"Le Moyen-Orient va s'embraser"

L'exécution de l'imam chiite "vise à alimenter la querelle entre les chiites et les sunnites au Moyen-Orient et est de nature à embraser la région", a estimé un parlementaire irakien, membre de la coalition au pouvoir à Bagdad, dans une déclaration à la chaîne de télévision Al Soumaria.

"Cette mesure prise par la famille régnante en Arabie saoudite vise à embraser à nouveau la région, à provoquer des affrontements entre sunnites et chiites", a déclaré Mohammed al Sayhoud, selon le site internet de la chaîne.