Modifié le 17 décembre 2015 à 12:03

Procès en Allemagne contre le groupe Bayer et ses pilules contraceptives

Le siège du groupe Bayer à Leverkusen, en Allemagne.
Le siège du groupe Bayer à Leverkusen, en Allemagne. [Hermann J. Knippertz - AP/Keystone]
Le procès symbole d'une plaignante allemande contre le laboratoire Bayer et certaines de ses pilules contraceptives a débuté jeudi devant un tribunal de Waldshut-Tiengen (sud-ouest) en Allemagne.

Victime d'une embolie pulmonaire en 2009 à l'âge de 25 ans, la plaignante accuse la pilule Yasminelle de Bayer d'en être la cause. Elle est la première Allemande à avoir porté plainte contre le géant pharmaceutique de Leverkusen, en 2011, portant la polémique sur son marché domestique.

La femme, âgée aujourd'hui de 31 ans, reproche à Bayer de ne pas avoir suffisamment informé dans la notice de sa pilule des risques de thromboembolie liés à l'usage de Yasminelle.

Accusations "injustifiées"

Bayer estime ces accusations "injustifiées" et souligne "le profil bénéfice-risque positif" de son traitement, autorisé par toutes les agences du médicament. La justice lui a pour l'instant donné raison, notamment dans un procès en Suisse.

Pourtant, plusieurs études ont montré que les pilules de troisième et quatrième génération (à base de drospirénone et d'autres progestérones récentes) multipliaient par deux le risque de thromboembolie, par rapport à leurs parentes de deuxième génération.

afp/hend

Publié le 17 décembre 2015 à 11:44 - Modifié le 17 décembre 2015 à 12:03

Deux milliards de dédommagements aux Etats-Unis

Les soupçons contre les pilules de quatrième génération de la famille Yasmin - qui comprend aussi Yasminelle et Yaz - ont déjà coûté à Bayer presque deux milliards de dollars aux Etats-Unis, versés à environ 10'000 plaignantes pour éviter de longs et coûteux procès.

Les pilules Yasmin et affiliées ont généré 768 millions d'euros de chiffres d'affaires pour Bayer (sur 42 milliards d'euros au total), et font partie du top 10 des traitements pharmaceutiques les plus vendus du groupe.

Des pilules de 3e et 4e génération très décriées

Plusieurs études ont montré que les pilules de troisième et quatrième génération (à base de drospirénone et d'autres progestérones récentes) multipliaient par deux le risque de thromboembolie, par rapport à leurs parentes de deuxième génération.

En France, théâtre de plaintes très médiatisées contre Bayer, la polémique a conduit la sécurité sociale à arrêter le remboursement de ce type de pilules.

Un effondrement de leurs ventes s'est ensuivi, accompagné d'un recul des admissions hospitalières pour embolie pulmonaire chez les femmes, selon les chiffres compilés par la revue médicale allemande Arznei Telegramm.