La bannière pour le minute par minute sur les élections régionales en France.

Elections en France

Publié le 06 décembre 2015 à 18:31 - Modifié le 07 décembre 2015 à 13:39

Le FN obtient un score record au premier tour des régionales

Selon les résultats définitifs fournis par le ministère de l'Intérieur, le Front national termine en tête du premier tour des élections régionales en France, avec 27,73% des voix, devant les Républicains (26,65%) et le PS (23,12%).

Le FN devance notamment largement l'opposition de droite et les socialistes du président François Hollande dans trois régions clés: la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, fief de sa présidente Marine Le Pen, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, bastion de Marion Maréchal-Le Pen, et dans la région Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine, avec l'un des lieutenant de Marine Le Pen, Florian Philippot.

Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il n'y aurait "ni fusion" avec la gauche, "ni retrait" face au FN pour le deuxième tour. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé de son côté le retrait des listes socialistes dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en PACA.

Le taux de participation dimanche a été d'environ 50%, soit une forte progression par rapport au scrutin régional de 2010. Un deuxième tour est prévu le 13 décembre.

  • Au niveau national

    Le Front national à près de 30%

    Le Front national est arrivé en tête du premier tour des élections régionales en obtenant 27,73% des suffrages à l'échelle de la France métropolitaine, selon des résultats partiels publiés par le ministère de l'Intérieur.

    Le bloc de droite formé par Les Républicains, le Modem, l'Union des démocrates et indépendants (UDI) et Chasse,  pêche, nature et traditions (CPNT) réunit environ 26,65% des voix.

    Le Parti socialiste et ses alliés arrivent en troisième position avec 23,12% des voix.

    L'extrême droite arrive en tête dans six régions sur treize.

    La carte de francetvinfo:

    Selon le directeur de la rédaction du Monde, le score du Front national est plus impressionnant que celui du 21 avril 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen s'était hissé au deuxième tour de l'élection présidentielle:

  • Les réactions politiques

    Sarkozy rejette les retraits et fusions de listes

    "Le peuple s'est exprimé et la France relève la tête. Le Front national est désormais sans conteste le premier parti de France", a relevé Marine Le Pen, depuis son fief de Hénin-Beaumont.

    La présidente du FN a souligné le score obtenu à Calais "où nous faisons 50% des voix" et a assuré vouloir "reconquérir les territoires où la République a reculé".

    >> La réaction de Marine Le Pen:

    Marine Le Pen: "Le mouvement national est désormais le premier parti de France"
    L'actu en vidéo - Publié le 06 décembre 2015

    Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, s'est prononcé dimanche soir contre tout "arrangement tactique" en vue du second tour des élections régionales, refusant "toute fusion ou tout retrait des listes de droite".

    >> La réaction de Nicolas Sarkozy:

    Nicolas Sarkozy: "je proposerai de refuser toute fusion et tout retrait de liste"
    L'actu en vidéo - Publié le 06 décembre 2015

    Le président de l'Union des démocrates indépendants (UDI), Jean-Christophe Lagarde, pourtant allié au parti de Nicolas Sarkozy, a fait entendre une voix discordante en appelant les listes placées en troisième position à se retirer en vertu du "bon sens démocratique et républicain".

  • Les réactions dans la presse

    Le mot "choc" revient souvent

    "Le choc", titrent lundi à l'unisson Le Figaro et L'Humanité, deux quotidiens de bords opposés, résumant l'avis de la presse française.

    Le Parisien voit désormais "Le FN aux portes du pouvoir", illustrant son propos par une Une à trois visages, Marion Maréchal-Le Pen, Marine Le Pen et Florian Philippot. Pour Libération aussi, "Ça se rapproche".

    >> Lire Le "lepénisme aigu" choque les médias français après les régionales

  • Le barrage au FN

    Le PS se retire dans les régions "à risque"

    Le Parti socialiste a annoncé qu'il souhaitait un retrait de ses listes au deuxième tour dans au moins trois régions clés pour "faire barrage" à une victoire de l'extrême droite.

    "Dans les régions à risque Front national où la gauche ne devance pas la droite, le Parti socialiste décide de faire barrage républicain, en particulier en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-côte d'Azur", a déclaré le numéro un du PS Jean-Christophe Cambadélis dimanche soir.

    Le numéro un du parti a aussi fait savoir lundi matin qu'il souhaitait que le PS se retire également  dans la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Mais le candidat refuse d'obéir pour le moment.

  • Les Unes de la presse française

    L'Humanité et le Figaro choisissent le même titre

    L'Humanité et le Figaro, opposés politiquement, ont choisi le même titre pour leur édition de lundi.

  • Nord-Pas-de-Calais - Picardie

    Marine Le Pen largement en tête

    Dans son bastion du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, la liste menée par la présidente du FN Marine Le Pen recueille 40,64% des suffrages. La liste de droite et du centre emmenée par Xavier Bertrand cumule 24,96% des voix, contre 18,12% pour le PS et ses alliés et 10% pour le reste de la gauche.

    La gauche dirige sans interruption la région Nord-Pas-de-Calais depuis 1974 et la Picardie depuis 2004. Le PS a fait savoir qu'il entendait renoncer à présenter une liste au 2e tour.

  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

    Le FN en force grâce à Marion Maréchal-Le Pen

    Dans la région Provence-Alpes Côte d'Azur, la liste frontiste menée par Marion Maréchal-Le Pen réunit 40,55% des voix, contre 26,48% pour la liste de la droite et du centre menée par Christian Estrosi. Le PS et ses alliés s'effondrent à 16,59% et ont annoncé qu'ils entendaient renoncer au 2e tour.

    >> La réaction de Marion Maréchal-Le Pen:

    Marion Maréchal-Le Pen: "le vieux système est mort"
    L'actu en vidéo - Publié le 06 décembre 2015

    >> La réaction de Christian Estrosi:

    Christian Estrosi: "il ne s'agit pas de stigmatiser au quotidien"
    L'actu en vidéo - Publié le 06 décembre 2015

    Marion Maréchal-Le Pen a fait deux fois mieux que le score réalisé aux élections régionales de 2010 par son grand-père dans ce bastion détenu depuis 1998 par la gauche.

  • Alsace - Champagne-Ardennes - Lorraine

    Florian Philippot (FN) loin devant

    Florian Philippot arrive en tête dans la région Alsace - Champagne-Ardennes - Lorraine avec entre 36,06% des voix, devant le candidat de la droite Philippe Richert (25,83%) et le PS Jean-Pierre Masseret (16,11%).

    Selon les sondages, le Front national pourrait arriver en tête au second tour le 13 décembre dans cette région traditionnellement ancrée à droite mais conquise (hormis l'Alsace) par la gauche en 2004. Mais le PS a annoncé lundi matin qu'il se souhaitait un retrait pour faire barrage au FN. Mais Jean-Pierre Masseret a déclaré qu'il ne souhaitait pas se retirer.

  • Bourgogne - Franche-Comté

    Le FN fait la course en tête

    La candidate du Front national Sophie Montel obtient 31,48% des voix. Le candidat Les Républicains François Sauvadet se situe à 24% et la socialiste sortante Marie-Guite Dufay à 22,99%.

    La Bourgogne et la Franche-Comté sont en mains du Parti socialiste depuis 2004.

  • Auvergne - Rhône-Alpes

    Wauquiez devant, la gauche 3e

    Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (Les Républicains) récolte 31% des voix et le Front national de Christophe Boudto 25,52%, devant la liste de gauche emmenée par Jean-Jacques Queyranne (23,93%).

    En mains socialistes depuis 2004, cette région pourrait retourner dans le giron de la droite à la suite de ces élections. Gauche et droite sont en effet donnés au coude à coude au deuxième tour, le FN étant distancé.

  • Ile de France

    La droite devance le PS

    La liste de droite conduite par l'ancienne ministre Valérie Pécresse totalise 30,51% des suffrages, devant le PS emmené par Claude Bartolone, qui obtient 25,19%. En troisième position, la liste FN de Wallerand de Saint-Just enregistre un score de 18,41%.

    L'Ile de France est dirigée par le Parti socialiste depuis 1998. Mais la gauche est en difficulté et pourrait perdre cette région, la plus riche de France, au profit de la droite après le second tour.

    "Notre liste est la seule capable de faire échouer le PS, l'alternance est à portée de la main", s’est réjouie Valérie Pécresse.

  • Les autres régions

    Le PS en tête dans seulement deux régions

    Le Front national arrive en tête dans six régions: Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-Comté.

    La droite et le centre occupent la première place à l'issue du premier tour dans quatre régions:Auvergne-Rhône-Alpes, Normandie, Pays-de-la-Loire et Ile de France.

    Le PS et ses alliés arrivent en tête dans les régions Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et en Bretagne, ainsi qu'au premier tour des territoriales en Corse.

  • Les enjeux régionaux

    A quoi servent les régions françaises?

    Ces élections sont les premières organisées depuis le redécoupage des régions promulgué le 16 janvier 2015. Cette réforme voulue par François Hollande fait passer de 22 à 13 le nombre de régions.

    Dans un souci de décentralisation, le gouvernement de Manuel Valls a également fait adopter cet été une loi visant à renforcer les compétences des régions au détriment des départements.

    Les prérogatives des régions concernent le développement économique, l'aménagement du territoire, la formation professionnelle, la gestion des lycées.

    Cet échelon administratif joue également un rôle moteur en matière d'environnement, notamment en termes de gestion des déchets et de qualité de l'air, et de protection du patrimoine culturel.

    En moyenne, selon Le Monde, 72% des budgets des régions sont consacrés à trois domaines: la formation professionnelle et l'apprentissage, les transports et l'enseignement.

    >> La vidéo explicative de "Dessine-moi l'éco":