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Comment la kamikaze de Saint-Denis a mené vers le cerveau des attaques

L'homme de 28 ans a perdu la vie mercredi lors de l'assaut de la police à Saint-Denis. [AP]
L'homme de 28 ans a perdu la vie mercredi lors de l'assaut de la police à Saint-Denis. [AP]
La femme qui s'est fait exploser mercredi lors de l'assaut de Saint-Denis, sur écoute depuis longtemps en raison de ses liens avec Abdelhamid Abaaoud, a été l'élément-clé pour repérer le cerveau des attentats.

Abdelhamid Abaaoud a été formellement identifié jeudi comme ayant été tué au cours de l'assaut mené par le RAID dans un immeuble de Saint-Denis, a annoncé jeudi le procureur de Paris.

"Il s'agit du corps découvert dans l'immeuble, criblé d'impacts. Ses traces papillaires l'attestent", a annoncé le procureur de Paris François Molins, mettant fin à un suspense de plus de 24 heures sur le sort de l'homme de 28 ans.

Les enquêteurs tentent toujours d'identifier les corps d'une à deux autres personnes tuées lors de l'assaut, mais le directeur du RAID a confirmé à plusieurs médias qu'une femme s'y trouvait.

"Où est ton copain?" lui demande la police sur une vidéo prise par un habitant du quartier et diffusée par plusieurs médias. "Ce n'est pas mon copain", rétorque-t-elle, avant que sa ceinture explosive ne se déclenche.

Trafic de stupéfiants

La surveillance de cette femme de 26 ans est l'un des éléments qui ont convaincu les enquêteurs qu'Abdelhamid Abaaoud, la cible de l'opération de mercredi, se trouvait en France, alors même qu'il était traqué par la police (lire encadré).

La jeune femme avait été mise sur écoute par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour ses liens avec le cerveau des attaques et pour trafic de stupéfiants. "Ce trafic alimente les radicalisés, en armes et en argent", explique la DGSI.

Peu prudente sur Facebook

Selon iTELE, la jeune femme se présentait dans les écoutes comme la cousine du commanditaire présumé des attentats, mais il pourrait s'agir d'un titre affectueux.

C'est le manque de précautions de la future kamikaze qui a permis à la police de retrouver le "gros poisson" Abaaoud: sur son profil Facebook, elle indiquait en juin dernier se rendre en Syrie.

Elle ne cachait pas non plus son admiration pour Hayat Boumeddiene, la veuve d'Amedy Coulibaly, l'auteur de la prise d'otages de l'Hyper Casher de la porte de Vincennes en janvier dernier.

>> Lire: Le groupe Etat islamique précise les conditions qui autorisent les femmes à combattre

afp/asch

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"Le système Schengen est une passoire"

La présence en France du djihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats du 13 novembre à Paris et tué mercredi dans un raid policier, révèle des défaillances majeures dans le système de contrôle aux frontières de Schengen, estiment des experts.

D'autant que le jeune homme, condamné, recherché, omniprésent dans des vidéos de propagande du groupe Etat islamique (EI) tournées en Syrie, s'était déjà vanté, dans Dabiq, le magazine en ligne de l'EI, de s'être rendu en Belgique cet hiver pour y monter une opération qui a avorté après un raid de la police belge, puis d'être rentré en Syrie sans être repéré.

"Il faut l'admettre, Schengen est une passoire", abonde un ancien haut responsable de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). "Ce gars , avec CV et des antécédents pareils, aurait dû provoquer un drapeau rouge".