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La carte des engagements climatiques pris par les Etats en vue de la COP21

Quelque 160 pays ont officialisé leur contribution à moins de trois semaines de la Conférence de Paris sur le climat. En l'état, ces engagements cumulés ne permettent pas de limiter à 2 degrés la hausse des températures mondiales.

La 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) se tiendra du 30 novembre au 11 décembre prochains à Paris. En vue de ce sommet, les pays membres ont été invités à coucher sur le papier leurs engagements en matière de lutte contre le réchauffement à l'horizon 2030.

L'enjeu : limiter d'ici la fin du siècle la hausse des températures moyennes mondiales à 2 degrés Celsius, seuil fatidique au-delà duquel la multiplication d'événements climatiques extrêmes est prévisible.

A ce jour, 160 sur les 195 parties membres de la convention ont officialisé leur contribution. Beaucoup d'Etats ont pris des engagements fermes et chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ; la plupart s'engagent à contenir la hausse de leurs émissions en deçà des projections ; d'autres encore s'engagent à prendre des mesures sans fixer de volume ou d'échéance.

>> La carte des contributions nationales et leur évaluation

Sources : UNCCC, Emission database for global atmospheric research (EDGAR), Climate Action Tracker (voir encadré)

Le cumul des engagements ne permet pas d'atteindre le but

Bien que l'ONU se félicite du nombre de pays impliqués, le cumul des contributions ne permettrait pas, en l'état, de tenir l'objectif. Paru le 30 octobre (il ne porte que sur les 147 engagements communiqués avant le 1er octobre), un rapport de synthèse des Nations unies relève que les émissions globales de gaz à effet de serre vont continuer à augmenter, quoique plus lentement qu'auparavant.

Le rapport souligne que les émissions globales devraient s'élever à 56,7 gigatonnes d'équivalent en CO2 (Gt CO2e) en 2030, un niveau qui serait "supérieur d'environ 15% au niveau d'émissions compatible avec un scénario à 2 degrés en 2030". Selon le site de la COP21, (...) "la trajectoire mondiale des émissions de GES dessinée par les contributions publiées nous situerait en 2030 sur une trajectoire menant à environ 3°C à la fin du siècle".

Les efforts devront s'intensifier après 2030

Il est toutefois encore possible de rectifier le tir d'ici la fin du siècle. Pour l'ONU, rien n'est perdu mais "des efforts de réduction des émissions beaucoup plus importants que ceux mentionnés dans ces contributions nationales seront nécessaires après 2025 et 2030".

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estime même qu'à cette échéance, la planète devra avoir atteint la neutralité carbone.

Pauline Turuban

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Le Climate Action Tracker évalue l'impact des contributions nationales

Le Climate Action Tracker (CAT) est un groupement de quatre instituts de recherche (Climate Analytics, Ecofys, NewClimate Institute et le Potsdam Institute for Climate Impact Research) qui fournit une analyse scientifique indépendante des mesures prises pour enrayer le réchauffement climatique.

Pour évaluer les engagements pris en vue de la COP21, il a tenu compte de l'impact concret des mesures sur les émissions de GES, mais aussi de l'importance de l'effort consenti par rapport aux moyens du pays et à son niveau d'émissions ("le pays fait-il sa part?").