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Nouveau système de quotas de réfugiés proposé pour l'UE

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors de son allocution devant le Parlement européen. [Vincent Kessler - Reuters]
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors de son allocution devant le Parlement européen. [Vincent Kessler - Reuters]
Le président de la Commission européenne a appelé mercredi l'Union européenne à mettre en place un nouveau système de quotas pour 160'000 réfugiés dans un discours devant le Parlement européen.

Jean-Claude Juncker a demandé mercredi aux Etats membres de se mettre d'accord dès la semaine prochaine sur l'accueil de 120'000 réfugiés se trouvant actuellement en Hongrie (54'000), en Grèce (50'400) et en Italie (15'600), débordées par l'afflux de migrants aux portes de l'Europe.

Bruxelles appelle l'Allemagne à en accueillir plus de 31'000,  la France 24'000, l'Espagne près de 15'000 ou encore la Pologne plus de 9000.

Des chiffres fonctions de plusieurs critères

La répartition a été calculée sur la base de critères comme le Produit intérieur brut (PIB) du pays d'accueil, la taille de sa population, le nombre moyen de demandes d'asile qu'il a déjà traitées et son taux de chômage. L'UE prévoit pour chaque pays qui participe une aide financière de 6000 euros par réfugié pris en charge.

Le Royaume-Uni, le Danemark et l'Irlande, qui disposent d'une option de retrait des politiques européennes liées à ces questions, ne sont pas concernés par cette répartition.

Le cas de la Suisse, qui n'est pas dans l'UE mais associée aux accords de Dublin et de Schengen, n'est pas encore défini (voir encadré).

Déjà 40'000 réfugiés répartis en juillet

Ce chiffre vient s'ajouter aux 40'000 réfugiés arrivés en Italie et en Grèce au printemps dernier dont la Commission a demandé qu'ils soient répartis entre les Etats membres de l'UE. Cette proposition a donné lieu à un laborieux marchandage et un accord a minima a finalement été trouvé en juillet pour l'accueil de 32'256 d'entre eux, dont 10'500 en Allemagne et 6752 en France.

Le journal "Route des migrants" de nos envoyés spéciaux Laurent Burkhalter, Yves Magat et Pascal Bourquin

Réticence des pays d'Europe centrale

Plusieurs pays d'Europe centrale ont accueilli avec réticence mercredi les propositions du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka a estimé que l'Europe devait mettre en place les mesures déjà approuvées pour faire face à cette crise avant d'échafauder de nouveaux plans.

La République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne sont hostiles à l'instauration de quotas contraignants pour la répartition des réfugiés de Syrie et d'Irak qui ont rallié l'espace communautaire en passant par l'Italie ou la Grèce.

>> Lire aussi: L'Europe divisée sur les quotas de migrants pour les Etats membres et "L'avenir de la planète passe par un certain brassage", dit Sylvie Goulard

agences/mac

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La Suisse également concernée

Le mécanisme obligatoire pour la relocalisation des demandeurs d’asile souhaité par Jean-Claude Juncker est également associé aux accords de Schengen et Dublin, précise la Commission européenne. De fait, la Suisse est directement concernée par ce mécanisme.

Il n'inclut toutefois pas le système de quotas pour les 160'000 réfugiés que l'UE doit se répartir dès la semaine prochaine.

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Des solutions audacieuses demandées par Jean-Claude Juncker

Il a exhorté mercredi l'Union européenne à des "actions audacieuses et déterminées" pour répondre à la pire crise migratoire en Europe depuis 1945. Jean-Claude Juncker a notamment proposé que l'UE se répartisse 160'000 réfugiés dès la semaine prochaine.

La Commission va proposer début 2016 un cadre légal de la migration, a indiqué Jean-Claude Juncker.

Le président de la Commission a en outre appelé à ne pas faire de distinction dans l'accueil des migrants en fonction de leur religion.

"Les chiffres sont impressionnants", a reconnu le président de la Commission européenne, en rappelant que près de 500'000 réfugiés ont frappé aux portes de l'UE depuis le début de l'année, "mais ce n'est pas l'heure d'avoir peur".

"C'est l'heure d'actions audacieuses et déterminées pour l'UE, ses Etats membres et ses institutions", a-t-il lancé lors de son discours.

Jean-Claude Juncker a rajouté devant le Parlement européen que l'UE n'était pas dans un bon état, "elle manque d'Europe et elle manque d'union".

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