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Tensions lors d'une réunion de l'UE sur la crise migratoire

Federica Mogherini a appelé les 28 membres de l'UE à rester "unis" et à "accueillir les réfugiés". [John Thys - Keystone]
Federica Mogherini a appelé les 28 membres de l'UE à rester "unis" et à "accueillir les réfugiés". [John Thys - Keystone]
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont eu du mal à accorder leurs violons sur la crise migratoire samedi, certains dénonçant un "bazar", d'autres demandant des centres d'enregistrement hors d'Europe.

"Bien que, Dieu merci, ce problème ait pu être résolu d'une façon humanitaire, il faut ouvrir les yeux sur à quel point c'est le bazar en Europe en ce moment", a déclaré le chef de la diplomatie autrichienne Sebastian Kurz, en se référant aux milliers de migrants qui ont été transportés en car de la Hongrie à l'Autriche.

>> Lire: Les migrants arrivent par milliers en Autriche et en Allemagne

"Ceux qui pensent que l'hiver va régler le problème parce que ça va réduire le nombre (de migrants) ont peut-être raison en ce qui concerne la route méditerranéenne vers l'Italie, mais pas en ce qui concerne la route des Balkans occidentaux", a martelé Sebastian Kurz lors de son arrivée à une réunion des 28 membres de l'Union européenne à Luxembourg.

Les pays européens "irresponsables"

Son homologue hongrois Peter Szijjarto a rejeté la responsabilité de la situation sur "la politique migratoire de l'Union européenne".

Il a aussi accusé "une série de déclarations irresponsables de certains dirigeants politiques européens", en faisant une claire référence à l'Allemagne, qui a décidé d'accueillir sans conditions les réfugiés syriens.

Appel à rester "unis"

Les 28 doivent rester "unis", agir "efficacement" et "garder foi en nos valeurs humaines", a tonné la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Ces migrants sont en majorité des réfugiés de Syrie, d'Afghanistan et d'Erythrée, "que nous avons le devoir d'accueillir", a insisté la représentante.

Elle a aussi rappelé aux pays candidats à l'adhésion à l'UE - Turquie, Serbie, Macédoine, Monténégro, Albanie - qu'ils n'étaient pas épargnés par la problématique. Un sommet réunissant l'UE et les pays des Balkans a d'ailleurs été agendé pour les 5 et 6 octobre.

Centres d'accueil hors de l'UE demandés

Des ministres ont évoqué la possibilité de créer des centres d'accueil pour réfugiés au Proche-Orient ou en Afrique, destinés à enregistrer les demandes d'asile afin d'éviter d'inutiles et dangereuses traversées de la Méditerranée.

Ces "hotspots" demanderaient "d'énormes ressources de notre part", a répondu la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. En plus, il faudrait garantir à ces pays "que ceux qui ont droit à l'asile l'obtiendront", a-t-elle ajouté.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a appelé à un Conseil européen de chefs d'Etat et de gouvernement "début octobre".

afp/ebz/bri

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Un "appel d'air"

Plusieurs pays de l'est de l'Europe sont très remontés contre la Commission européenne, qui va proposer mercredi une série de mesures, dont la répartition de 120'000 demandeurs d'asile afin de soulager les pays d'arrivée, Grèce, Italie et Hongrie.

"Comment peut-on discuter des quotas quand il y a ces énormes afflux de réfugiés ?", a demandé le ministre slovaque des Affaires étrangères Miroslav Lajcak. "Nous ne savons pas vraiment quels sont les chiffres", a-t-il fait valoir.

"Ceci va créer un appel d'air pour ces gens. (...) Cela apparaîtra clairement comme une invitation", a-t-il ajouté.

Pétition contre l'immigration

L'ex-président eurosceptique tchèque Vaclav Klaus a annoncé avoir lancé samedi une pétition contre l'immigration, appelant le gouvernement de son pays à "garantir l'intangibilité de la frontière" et "rejeter les quotas" de répartition des migrants que préconise la Commission européenne.

Manifestation de soutien aux réfugiés

Plus de 10'000 personnes se sont réunies samedi après-midi à Paris pour un rassemblement de soutien aux réfugiés intitulé "Pas en notre nom #RéfugiésMigrantsDignité . Sur leurs pancartes pouvait-on lire "Ouvrez les frontières !", "Droit d'asile pour toute personne persécutée" ou encore "L'accueil pour moi, c'est oui".