Modifié le 13 juillet 2015 à 20:19

Grexit ou pas, la question divise les dirigeants de la zone euro à Bruxelles

L'Eurogroupe reste divisé sur l'avenir de la Grèce
L'Eurogroupe reste divisé sur l'avenir de la Grèce 19h30 / 2 min. / le 12 juillet 2015
Les dirigeants de la zone euro bataillaient dimanche soir pour savoir s'il faut aider la Grèce ou la sortir de la zone euro, une hypothèse désormais envisagée dans un document transmis par l'Eurogroupe et jugé "mauvais" par Athènes.

Un troisième plan d'aide pour la Grèce pourrait être sur pied fin juillet, si les dirigeants parviennent à donner un signal politique positif et après validation des Parlements devant être consultés, a indiqué un responsable européen sous couvert d'anonymat.

Ils examinaient le document transmis par leurs ministres des Finances qui proposaient d'imposer une bride très courte à Athènes en échange d'un éventuel plan d'aide et évoquaient pour la première fois l'hypothèse d'une sortie temporaire de la Grèce de la monnaie unique.

"Le texte dans son ensemble est très mauvais. Nous essayons de trouver des solutions", a affirmé une source gouvernementale grecque.

"L'enjeu, c'est l'Europe"

La réunion a pris d'entrée l'allure d'un pugilat au plus haut niveau, l'Allemagne, inflexible, et la France, qui prône une ligne plus souple, affichant leur profonde fracture autour du maintien ou non de la Grèce dans l'euro.

"Je me battrai jusqu'à la dernière milliseconde pour avoir un accord (...) je suis dans un esprit combatif", a lancé à son arrivée au sommet le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, très impliqué dans ces négociations de la dernière chance.

La France "va tout faire" pour garder la Grèce dans la zone euro, a assuré le président François Hollande, affirmant aussi que "l'enjeu, c'est de savoir si la Grèce sera demain dans la zone euro et l'enjeu c'est l'Europe".

Pour la chancelière allemande Angela Merkel, au contraire, il n'est pas question d'un accord "à n'importe quel prix". "La valeur la plus importante, à savoir la confiance et la fiabilité, a été perdue" avec Athènes, a ajouté Angela Merkel, promettant des "négociations ardues".

Laborieuses discussions

Avant ce sommet, les clivages entre Européens, tout comme le fossé qui sépare la Grèce du reste de ses partenaires, ont fait piétiner pendant deux jours une réunion marathon des ministres des Finances de la zone euro.

Après 14 heures de discussions laborieuses, ceux-ci ont finalement élaboré une première feuille de route avant de passer le relais aux chefs d'Etat.

Souveraineté d'Athènes mise à mal

Au final, l'Eurogroupe exige plusieurs mesures d'Athènes, dont des abandons de souveraineté puisque la Grèce devra soumettre aux institutions - Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI - certains projets de loi avant de les faire passer au Parlement (lire ci-dessous).

L'enjeu étant de parvenir à un accord sur un nouveau plan d'aide à la Grèce, le troisième depuis 2010, pour un montant évalué entre 82 et 86 milliards d'euros sur trois ans, en échange de la mise en oeuvre par le gouvernement d'Alexis Tsipras d'un plan de réformes très impopulaires, incluant une hausse de la TVA, une réforme des retraites et des privatisations.

Les précisions d’Isabelle Ory, correspondante de la RTS à Bruxelles:

Grèce: les précisions d’Isabelle Ory, correspondante auprès de l’EU, depuix Bruxelles
19h30 - Publié le 12 juillet 2015

agences/kg/jgal

Publié le 12 juillet 2015 à 05:36 - Modifié le 13 juillet 2015 à 20:19

L'Eurogroupe donne jusqu'à mercredi à Athènes pour voter ses réformes

Parmi les nouveaux engagements réclamés à Athènes, figure le vote "d'ici le 15 juillet" par le Parlement grec d'un premier volet des mesures promises.

"Nous ne voulons pas de délai" jusqu'à mercredi, "car en attendant, il n'y a pas assez de liquidités de la BCE et la situation est grave (...). Jeudi serait trop tard", a déclaré une source gouvernementale grecque.

Sommet européen annulé

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé dimanche matin avoir annulé le sommet des 28 chefs d'Etat européens prévu dans la soirée, à la suite de la rencontre entre les dirigeants de la zone euro.

"Le sommet européen est annulé, le sommet zone euro débutera à 16h00 et durera jusqu'à ce que nous concluons les négociations sur la Grèce", a indiqué Donald Tusk sur son compte Twitter.