Modifié le 18 juin 2015 à 10:09

La "forteresse Europe" a coûté près de 13 milliards à l'UE depuis 2000

Le dispositif frontalier de Melilla fait fréquemment l'objet de tentatives d'entrée en territoire espagnol par des migrants africains, comme ici le 15 octobre dernier.
Le dispositif frontalier de Melilla fait fréquemment l'objet de tentatives d'entrée en territoire espagnol par des migrants africains, comme ici le 15 octobre dernier. [F.G Guerrero - EPA]
Les pays de l'Union européenne ont dépensé 11,3 milliards d'euros depuis 2000 pour renvoyer les migrants illégaux et 1,6 milliard d'euros pour assurer la protection des frontières de l'Europe.

L'enquête est présentée alors que le débat fait rage au sein de l'UE sur un plan d'action pour renforcer la lutte contre l'immigration clandestine et l'accueil des réfugiés et demandeurs d'asile. Elle a été menée par un consortium de 20 journalistes, statisticiens et développeurs à parti des "Migrant Files" et publiée jeudi dans 16 pays européens, dont en Suisse sur le site de SRF.

Les Etats membres sont unanimes pour accélérer le renvoi des migrants en situation irrégulière, et divisés sur l'assistance à apporter à l'Italie et la Grèce, submergés par les arrivées de migrants.

4000 euros pour une expulsion

L'expulsion d'un migrant coûte en moyenne 4000 euros, dont la moitié pour les frais de transport.

Les migrants ont eux dépensé 15,7 milliards d'euros pour payer leur traversée vers l'UE, selon cette enquête issue de six mois de travail.

Plus de 600'000 migrants ont demandé l'asile dans l'UE en 2014. De janvier à la fin mai 2015, plus de 100'000 migrants ont traversé la Méditerranée et 1865 se sont noyés, selon l'Office international des migrations.

>> Lire aussi: Nombre record de 60 millions de réfugiés et déplacés en 2014

afp/fb

>> L'infographie réalisée par SRF sur les coûts des mesures anti-immigration

Publié le 18 juin 2015 à 05:52 - Modifié le 18 juin 2015 à 10:09

Principaux bénéficiaires, les grands groupes industriels

Les contribuables européens sont également mis à contribution pour financer la protection des frontières: 1,6 milliard d'euros depuis 2000 dont les principaux bénéficiaires sont les grands groupes industriels spécialisés comme Airbus, Finmeccanica et Thales, souligne l'enquête.

Les barrières de grillages édifiées pour défendre les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc coûtent 10 millions d'euros par an pour leur entretien, affirme le document. La barrière à la frontière entre la Grèce et la Turquie coûte plus de 7 millions par an aux contribuables grecs.