Modifié le 23 février 2015 à 19:04

Le patron de HSBC écarté de la fondation genevoise d'Interpol

Le directeur de HSBC est lié à une fondation d'Interpol.
Le directeur de HSBC est lié à une fondation d'Interpol. [Keystone/ montage - ]
Interpol demande que le directeur général de HSBC, Stuart Gulliver, soit suspendu de sa fondation qui vise "la coopération internationale contre le crime", dont il est membre du conseil.

Suite aux révélations de la présence du grand patron de HSBC Stuart Gulliver au sein du conseil de la Fondation Interpol pour un monde plus sûr, l'organisation policière a demandé lundi sa suspension.

>> Lire: Le chef de HSBC lié à une fondation d'Interpol "pour une économie intègre"

"Tout en tenant compte de la présomption d’innocence et conformément au code de bonne gouvernance et aux règles internes de la fondation, Interpol a proposé au président que Monsieur Gulliver soit temporairement suspendu (...) jusqu'à ce que la lumière soit faite sur ces allégations", a annoncé à la RTS le porte-parole de l'organisation policière internationale.

Effet collatéral de Swissleaks

Alors que les statuts de la fondation basée à Genève stipulent qu'elle "oeuvre pour la promotion de la coopération internationale en matière pénale aux fins de la prévention et suppression du crime", le scandale Swissleaks a révélé que la branche genevoise de HSBC avait abrité de l'argent lié au narcotrafic et au financement du terrorisme.

Encore plus problématique, selon le consortium international de journalistes en charge de l'enquête, certains clients de l'établissement étaient des fugitifs recherchés par Interpol.

Interpol a tenu à préciser que le fondation était "indépendante" et qu'elle ne lui n'appartenait ni légalement, ni administrativement.

Le quotidien britannique Guardian a déjà révélé dimanche soir que Stuart Gulliver détenait plus de 7 millions de dollars sur un compte caché au nom d'une société panaméenne chez HSBC Genève.

>> Lire: Les dernières révélations du Guardian

Contactée lundi par la RTS, HSBC n'a pas répondu à nos questions.

Marc Renfer

Publié le 23 février 2015 à 19:00 - Modifié le 23 février 2015 à 19:04

Le directeur de la fondation aussi chez HSBC

L'ancien ministre libanais Elias Murr, qui dirige la fondation, était aussi client de la succursale genevoise de HSBC.

Le consortium des journalistes d'investigation en charge de l'enquête Swissleaks ont révélé qu'Elias Murr disposait d'un compte au nom d'une société avec 42 millions de dollars en 2006-2007

Des fonds "connus" et "pas liés au rôle politique de l'ancien ministre", selon son porte-parole.

Entouré de chefs d'entreprises

Stuart Gulliver est entouré dans la fondation par des chefs d'entreprises, parmi eux Carlos Ghosn (Nissan Renault), Jean-Marie Sander (Crédit Agricole) ou encore Ratan Tata (Tata).