Modifié le 23 février 2015 à 19:17

Le chef de HSBC lié à une fondation d'Interpol "pour une économie intègre"

Le directeur de HSBC est lié à une fondation d'Interpol.
Le directeur de HSBC est lié à une fondation d'Interpol. [Keystone/ montage - ]
Une fondation d'Interpol basée à Genève, dont le but est de promouvoir "la coopération internationale contre le crime", a comme membre le directeur de HSBC, directement touché par le scandale Swissleaks.

Eclaboussé par les dernières révélations du Guardian sur ses comptes cachés en Suisse, Stuart Gulliver, directeur général de la banque, est membre de la "Fondation Interpol pour un monde plus sûr", une structure basée à Genève.

Les statuts de la fondation stipulent qu'elle "oeuvre pour la promotion de la coopération internationale en matière pénale aux fins de la prévention et suppression du crime".

Un des moyens pour l'accomplissement de ses missions est "l'intervention auprès de la société civile (tel que secteur bancaire (...) pour la sensibilisation et le développement de partenariats (...) avec Interpol".

Les statuts et buts de la fondation:

Le scandale Swissleaks a pourtant révélé que la branche genevoise de HSBC avait abrité de l'argent lié au narcotrafic et au financement du terrorisme.

L'ironie veut que des fugitifs inscrits sur les listes d'Interpol - trafiquants d'armes, de diamants - ont détenu des comptes chez HSBC.

Contactées lundi par la RTS au sujet de la présence et du futur de Stuart Gulliver auprès de la Fondation d'Interpol, HSBC n'a pas donné suite alors que l'organisation policière internationale a fait savoir qu'elle prendrait bientôt position (lire: Le patron de HSBC écarté de la fondation genevoise d'Interpol ).

La justice genevoise a ouvert mercredi dernier une enquête contre HSBC pour "blanchiment aggravé" et a perquisitionné des locaux de la banque.

Marc Renfer

A écouter: le directeur général de HSBC aurait mis 5 millions de livres à l'abri du fisc à Genève:

Stuart Gulliver, directeur général de HSBC.
Bobby Yip - Reuters
Le Journal du matin - Publié le 23 février 2015

Publié le 23 février 2015 à 11:29 - Modifié le 23 février 2015 à 19:17

Le directeur de la fondation aussi chez HSBC

L'ancien ministre libanais Elias Murr, qui dirige la fondation, était aussi client de la succursale genevoise de HSBC.

Le consortium des journalistes d'investigation en charge de l'enquête Swissleaks ont révélé qu'Elias Murr disposait d'un compte au nom d'une société avec 42 millions de dollars en 2006-2007

Des fonds "connus" et "pas liés au rôle politique de l'ancien ministre", selon son porte-parole.

Entouré de chefs d'entreprises

Stuart Gulliver est entouré dans la fondation par des chefs d'entreprises, parmi eux Carlos Ghosn (Nissan Renault), Jean-Marie Sander (Crédit Agricole) ou encore Ratan Tata (Tata).