Modifié le 14 janvier 2015 à 19:35

Les renseignements recueillis en Europe pourraient être mieux utilisés

Arnaud Danjean.
Arnaud Danjean, député européen de l'UMP française L'Invité de la rédaction / 22 min. / le 14 janvier 2015
Une semaine après la tuerie de Charlie Hebdo, l'eurodéputé UMP Arnaud Danjean a estimé sur les ondes de la RTS que des failles se situent dans l'exploitation des données recueillies par les services de renseignements.

"Il y a des failles au niveau de l'articulation entre les services de renseignements français, même si on ne peut évidemment pas parler d'un échec global", a relevé mercredi Arnaud Danjean, député européen de l'UMP, invité du Journal du matin de la RTS.

Il faut toutefois se garder d'un procès total, tempère le politicien, qui relève aussi l'efficacité générale du système français "qui déjoue, presque quotidiennement j'ai envie de dire, des attentats et remonte des filières djihadistes".

"Mais c'est toujours en partie un échec lorsqu'il y a des morts", continue le politique.

Arnaud Danjean, qui présidait il y a encore peu la sous-commission de sécurité et défense (SEDE) du Parlement européen, explique qu'en principe les données sur des individus potentiellement dangereux existent, que les renseignements ont été recueillis, mais que la manière dont ceux-ci sont exploités pose problème.

Voyage au Yémen malgré une assignation de territoire

"Ce qui me frappe dans l'affaire concernant Charlie Hebdo, c'est qu'il n'y a pas eu un suivi fin au jour le jour de ces hommes après leur passage en prison. Ils étaient assignés au territoire français et devaient se présenter régulièrement dans des commissariats, mais cela ne les a apparemment pas empêchés de se rendre au Yémen. C'est là qu'il y a des failles".

Le problème se situe donc surtout au niveau du suivi judiciaire et administratif, selon l'invité du journal radio, qui souligne également le cas des conditions d'incarcération.

La prison, berceau du terrorisme

"Aujourd'hui, nous sommes face à des petits voyous et des criminels qui se radicalisent avant de passer à l'acte, et ce souvent lors d'un passage en prison. Cela pose des questions au niveau d'une différence entre criminalité classique et terrorisme."

Le député UMP propose de revoir les conditions d'incarcération principalement de ceux qui sont susceptibles de faire du prosélytisme en prison et de radicaliser les autres. (Lire aussi: Manuel Valls veut isoler les détenus djihadistes dans les prisons)

Des mesures d'isolement ainsi que des programmes de "déradicalisation", comme il en existe dans des pays scandinaves, pourraient offrir des pistes.

Systématisation des contrôles aux frontières?

L'homme politique a aussi estimé que les fichiers centralisés comme il en existe avec l'accord de Schengen doivent être mieux alimentés par chaque état et qu'une systématisation des contrôles aux frontières de l'Europe, visant notamment des djihadistes qui reviennent de Syrie, devrait être instaurée.

Mais Arnaud Danjean ajoute qu'il ne faudrait pas créer un stade bureaucratique de plus au niveau européen au détriment de l'opérationnel qui se fait par les services nationaux et locaux sur le terrain.

sbad

Publié le 14 janvier 2015 à 09:21 - Modifié le 14 janvier 2015 à 19:35