Modifié le 06 décembre 2014 à 18:54

Un otage suisse tue son gardien et s'échappe aux Philippines

L' ex-otage suisse aux Philippines parle
Les premiers mots de l'ex-otage suisse aux Philippines L'actu en vidéo / 1 min. / le 06 décembre 2014
Dernier otage suisse dans le monde, un Suisse enlevé en 2012 aux Philippines et détenu par le groupe Abou Sayyaf est libre, a indiqué samedi le DFAE. L'homme a pu s'échapper après avoir tué son gardien.

Un ornithologue amateur suisse retenu aux Philippines depuis le 1er février 2012, après avoir été enlevé par le groupe islamiste Abou Sayyaf, est parvenu à s'échapper, annonce le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) samedi.

Détenu sur l'île de Jolo, cet homme de 49 ans a pu s'emparer de la machette de son garde et l'a tué, selon ses dires. L'armée philippine n'a pu toutefois le confirmer. Le Suisse a été blessé à la joue durant la lutte, mais ses jours ne sont pas en danger. Durant sa fuite, il a aussi réussi à éviter les tirs de ses gardes.

Cinq militants islamistes ont été tués et sept blessés lors d'affrontements avec les soldats philippins dans la jungle, qui patrouillaient dans la région grâce à un renseignement

Rapatriement dès que possible

Selon le DFAE, le citoyen suisse se trouve actuellement sous la garde des forces philippines dans un endroit sûr et sera rapatrié en Suisse dès que possible.

Le président Didier Burkhalter a pu s'entretenir par téléphone avec l'ex-otage, lui faisant part de sa joie et de son soulagement avant de s'enquérir sur sa santé. De son côté, le citoyen suisse s'est montré reconnaissant pour le soutien reçu tout au long de sa capture.

L'ambassadeur de Suisse aux Philippines, Ivo Sieber, s'est rendu sur place. Il a précisé que l'ancien otage avait été transféré dans un hôpital militaire.

Dans un communiqué, le DFAE se dit soulagé de cet heureux dénouement. Il remercie les autorités philippines et en particulier les forces armées pour leur implication dans l'affaire.

ats/ptur

Publié le 06 décembre 2014 à 07:40 - Modifié le 06 décembre 2014 à 18:54

Un Néerlandais encore retenu

Un ressortissant néerlandais de 52 ans, qui avait été capturé en même temps que le Suisse, n'a en revanche pas été recueilli par les militaires, ont déploré le DFAE et l'armée philippine.

"Très malade et très faible", il n'a pas pu s'échapper, a précisé le colonel Allan Arrojado sans donner plus de précisions sur son sort.

Les deux hommes effectuaient ensemble en février 2012 une expédition pour photographier des oiseaux rares dans l'archipel isolé de Tawi-Tawi, près de l'île de Jolo, dans le sud des Philippines, lorsqu'ils avaient été enlevés le 1er février par des hommes armés inconnus puis livrés au groupe Abou Sayyaf.

Abou Sayyaf a relâché en octobre dernier deux Allemands qu'il détenait depuis six mois. Les autorités allemandes et philippines ont refusé de dire si une rançon avait été versée.

Le groupe Abou Sayyaf

Le groupe Abou Sayyaf est considéré comme responsable des plus graves actions terroristes de l'histoire des Philippines. Il a effectué de nombreux enlèvements d'étrangers qu'il échange habituellement contre d'énormes rançons. Il est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, qui fournissent assistance et entraînement à l'armée philippine pour l'aider à traquer ces rebelles.

De nombreux gouvernements étrangers déconseillent à leurs citoyens de se rendre dans les îles de l'archipel de Tawi-Tawi et dans d'autres îles des Philippines méridionales, considérées comme des bastions d'Abou Sayyaf et d'autres groupes islamistes.