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Les violences auraient fait une trentaine de morts au Burkina Faso

La contestation devient toujours plus violente au Burkina Faso. [AP/Théo Renaut - Keystone]
La contestation devient toujours plus violente au Burkina Faso. [AP/Théo Renaut - Keystone]
Après une journée de violences qui ont fait une trentaine de morts au Burkina Faso, le président contesté Blaise Compaoré a précisé qu'il quitterait la tête de l'exécutif à l'issue de son mandat.

Les émeutes de jeudi ont fait une trentaine de morts et plus de cent blessés, a déclaré Bénéwendé Sankara, un ténor de l'opposition au Burkina Faso. Celui-ci n'a pas précisé si ce bilan concernait seulement Ouagadougou ou tout le pays.

Outre le cadavre d'un homme tué d'une balle dans la tête et la photo d'une autre dépouille, deux personnes sont mortes, l'une par balle, l'autre de brûlures, a-t-on appris auprès de l'hôpital Blaise Compaoré, le plus grand de la capitale.

Compaoré ne veut pas démissionner

Malgré ces violences, le départ du pouvoir du président Blaise Compaoré est "un préalable non négociable", a affirmé Bénéwendé Sankara.

Dans une allocution, le chef de l'Etat n'a pas déclaré démissionner mais être disponible pour des pourparlers pour une transition.

La prise de pouvoir par l'armée jeudi est un "coup d'Etat", a-t-il encore ajouté. Le chef d'état-major des armées a de son côté annoncé la création d'un "organe de transition", chargé des pouvoirs exécutifs et législatifs, dont l'objectif est un retour à l'ordre constitutionnel "dans un délai de douze mois".

Lire aussi: L'armée prend le pouvoir au Burkina Faso après trois jours d'émeutes

agences/fb

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Le tweet du président


Compaoré est au pouvoir depuis 1992

Blaise Compaoré est arrivé au pouvoir en 1987. A la suite de divergences avec le "père" de la révolution burkinabè Thomas Sankara, il s'empare du pouvoir lors d'un coup d'Etat au cours duquel Sankara et 12 de ses collaborateurs sont tués.

Le chef de l'Etat devait achever l'an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015).

Lui qui a déjà modifié deux fois l'article 37, en 1997 puis en 2000, pour se maintenir au pouvoir, invoque le respect strict de la loi pour justifier cette troisième retouche.

Et l'opposition craint que ce nouveau changement conduise le chef de l'Etat, déjà élu quatre fois avec des scores soviétiques, à accomplir non pas un mais trois mandats supplémentaires, lui garantissant 15 années de plus au pouvoir.