Modifié le 27 octobre 2014 à 15:45

Boko Haram placerait les femmes qu'il enlève "sur les lignes de front"

Des femmes de la région de Gwoza déplacées dans un camp à Maraba Madagali, en février dernier.
Des femmes de la région de Gwoza déplacées dans un camp à Maraba Madagali, en février dernier. [ - ]
Les femmes kidnappées par Boko Haram au Nigeria sont utilisées "en première ligne" lors des combats, dénonce Human Rights Watch (HRW) lundi dans un rapport sur les conditions de détention.

Dans un rapport présenté lundi, Human Rights Watch (HRW) annonce que les femmes et les jeunes filles enlevées par Boko Haram sont utilisées "en première ligne" lors des combats menés par le groupe islamiste du Nigeria.

Plusieurs témoins ont évoqué des viols et des violences physiques. Une femme raconte avoir été menacée de mort, une corde autour du cou, jusqu'à ce qu'elle accepte de se convertir à l'islam.

Nombreuses séquelles

Une fois libres, elles souffrent des nombreuses séquelles physiques et psychologiques, d'autant qu'elle vivent dans la peur d'être à nouveau kidnappées, ajoute l'organisation de défense des droits humains, qui s'appuie sur une trentaine de témoignages.

Les ex-otages ont passé entre deux jours et trois mois dans huit camps différents, situés dans la forêt de Sambisa (Etat de Borno) ou dans les montagnes de Gwoza (à la frontière avec le Cameroun). Elles disent avoir cohabité avec d'autres femmes âgées de zéro à 65 ans, mais ignorer si elles étaient toutes otages.

afp/bri

Publié le 27 octobre 2014 à 09:24 - Modifié le 27 octobre 2014 à 15:45

Fragile cessez-le-feu

Les autorités nigériannes disent avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec BoKo Haram mi-octobre, prévoyant notamment la libération des 219 lycéennes enlevées à Chibok en avril.

Depuis, deux groupes (de 30 adolescents et de 60 filles et femmes) ont été enlevés dans l'Etat de Borno (Nord-Est).

Un Allemand kidnappé

Un Allemand a été tué et un autre enlevé par des hommes armés vendredi dans le sud-ouest du Nigeria.

Les deux hommes voyageaient dans des véhicules séparés, sans escorte, selon la société Julius Berger, qui employait l'une des victimes, l'autre étant un sous-traitant.

Les enlèvements sont fréquents dans le sud du Nigeria. La plupart des otages sont relâchés après le versement d'une rançon.

Forcée de participer à des attaques

"On m'a demandé de porter les munitions et de m'allonger dans l'herbe pendant qu'ils se battaient. Ils venaient s'approvisionner en munitions, au cours de la journée, alors que les combats se poursuivaient" a témoigné une fille de 19 ans.

"Quand les forces de sécurité sont arrivées sur place et qu'elles se sont mises à nous tirer dessus, je suis tombée par terre, de peur. Les insurgés m'ont alors trainée sur le sol, en s'enfuyant vers le camp".

L'ex-otage raconte avoir aussi reçu l'ordre d'égorger un membre d'une milice capturé par Boko Haram. "Je tremblais, horrifiée, et je n'ai pas pu le faire. La femme du chef du camp a alors pris le couteau et elle l'a tué", poursuit-elle.

Des femmes kamikazes

Une série d'attentats-suicide ont été menés par des femmes, parfois très jeunes, cette année. Rien ne permet cependant de prouver qu'elles n'étaient pas des combattantes volontaires.

En juillet, une petite fille de 10 ans a été arrêtée dans l'Etat de Katsina (nord-ouest) avec une ceinture d'explosifs autour de la taille.