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La Turquie écartée du Conseil de sécurité de l'ONU au profit de l'Espagne

Le Conseil de sécurité de l'ONU va recevoir cinq nouveaux membres non-permanents. [AP Photo/Jason DeCrow - Keystone]
Le Conseil de sécurité de l'ONU va recevoir cinq nouveaux membres non-permanents. [AP Photo/Jason DeCrow - Keystone]
Cinq nouveaux membres non permanents ont été élus au Conseil de sécurité de l'ONU jeudi. La Turquie, critiquée pour son inaction face à l'offensive de l'Etat islamique, a été écartée à l'issue du vote.

Venezuela, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Angola et Espagne vont faire leur entrée au Conseil de sécurité de l'ONU pour un mandat de deux ans dès janvier, alors que la Turquie a été écartée jeudi à l'issue d'un vote surprise à l'Assemblée générale.

Au terme de trois tours de scrutin à bulletins secrets, l'Espagne a recueilli le double des voix de la Turquie (132 contre 60) pour arracher le cinquième siège non permanent qui était à pourvoir.

Critiquée pour son inaction face à l'EI

La Turquie comptait sur les votes de nombreux pays musulmans mais ses ambiguïtés et son inaction face à l'offensive du groupe Etat islamique à ses frontières lui ont valu des critiques.

Des diplomates avaient évoqué l'idée que l'entrée de la Turquie, voisine de la Syrie et de l'Irak, refuge de milliers de Syriens et en froid avec Israël, risquait de compliquer la recherche de solution dans deux dossiers essentiels: la progression des djihadistes et la relance du processus de paix au Proche-Orient.

afp/sbad

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Plus d'influence en étant au sein du Conseil de sécurité

Le Conseil, qui compte 15 membres, renouvelle chaque année la moitié de ses dix sièges non permanents, sur une base régionale.

Un siège au Conseil élève le statut et l'influence du pays dans l'arène diplomatique et lui donne davantage de poids dans certaines négociations bilatérales.

Des études récentes tendent aussi à prouver que les pays invités ainsi à la "table des Grands" obtiennent plus facilement des aides internationales ou la mansuétude du Fonds monétaire international.

Mais le plus souvent les "petits" pays n'ont pas les moyens de leurs ambitions et ce sont les "P5", les cinq membres permanents et détenteurs du droit de veto (Etats-Unis, Chine, France, Russie et Royaume-Uni), qui mènent le jeu et déterminent l'ordre du jour des débats et les grandes orientations.

Rencontre inédite entre l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie et le Hezbollah

Par ailleurs, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie a rencontré jeudi pour la première fois un dirigeant du Hezbollah, puissant mouvement chiite libanais qui combat les rebelles syriens au côté du régime de Bachar al-Assad.

L'envoyé spécial, Staffan de Mistura, s'est entretenu jeudi à Beyrouth avec le numéro deux du Hezbollah, Naïm Qassem, rencontre inédite entre un émissaire de l'ONU et ce parti depuis le début du conflit syrien il y a plus de trois ans. Les prédecesseurs de Staffan de Mistura n'avait jamais rencontré le Hezbollah.

Les deux parties se sont accordées sur le fait qu'une solution politique était le seul moyen d'avancer vers une sortie de crise en Syrie.

Un Conseil déjà divisé

Le Conseil de sécurité de l'ONU est profondément divisé sur la crise syrienne ou sur l'Ukraine entre Occidentaux d'un côté, Chine et Russie de l'autre.

Pékin et Moscou ont mis quatre fois leur veto à des résolutions occidentales sur la Syrie et chaque débat sur la Crimée ou l'est de l'Ukraine a tourné au dialogue de sourds.