Modifié le 23 septembre 2014 à 10:17

Le climatologue Martin Beniston sceptique sur la limite du réchauffement à 2°C

Martin Beniston, titulaire de la chaire de climatologie à l’Université de Genève.
Martin Beniston, climatologue L'Invité de la rédaction / 23 min. / le 22 septembre 2014
Interviewé par la RTS lundi, le climatologue Martin Beniston a appuyé le besoin d'une réaction internationale forte face au réchauffement climatique, à la veille du sommet de l'ONU sur ce thème.

"Il faudra des efforts monumentaux pour maintenir la limite des 2 degrés supplémentaires fixés par la communauté internationale pour la fin du siècle", a déclaré lundi le climatologue Martin Beniston à la RTS.

>> Sur ce sujet: Le climat à la fin du 21e siècle selon le GIEC

Alors que s'ouvre la semaine sur le climat et que démarre mardi  le sommet de l'ONU sur ce thème, le directeur de l'institut des sciences de l'environnement à l'Université de Genève s'est montré pessimiste sur la limite à atteindre: "Je tablerais plutôt sur +4°C jusqu'à la fin du siècle, et les impacts seront exponentiels."

Rôle des entreprises polluantes

Sans réaction forte de la communauté internationale, l'augmentation de la température pourrait même être de 5 à 6 degrés, affirme le scientifique.

Selon lui, les industries qui consomment aujourd'hui beaucoup d'énergie ont intérêt à prendre un virage énergétique: "A moyen terme, c'est  pour elles une question de survie."

"Je suis agréablement surpris de l'ampleur des manifestations pour les thèmes climatiques", a-t-il encore commenté, au sujet des importants rassemblements dans le monde avant l'ouverture du sommet.

kkub

Publié le 22 septembre 2014 à 10:14 - Modifié le 23 septembre 2014 à 10:17

La Suisse a encore du chemin à faire

La Suisse a réussi à remplir ses obligations vis-à-vis du protocole de Kyoto grâce aux "permis de polluer", observe Martin Beniston.

"Sur le plan comptable, les obligations sont remplies, mais il s'agit d'un artifice, on ne prend pas ses responsabilités en polluant ailleurs."

Sommet de l'ONU dès mardi

Plus de 120 chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus mardi à New York pour un sommet de l'ONU visant à donner un nouvel élan aux négociations internationales sur le réchauffement climatique.

Il ne s'agit pas d'une session de négociation, mais les participants devraient annoncer des engagements qui faciliteront un accord contraignant à la conférence internationale de Paris fin 2015.

L'objectif est de limiter à deux degrés le réchauffement par rapport à l'ère pré-industrielle.

L'attention se tournera vers les grands pays émergents, en premier lieu la Chine et l'Inde.