Modifié le 17 juillet 2014 à 18:52

Les nouvelles sanctions contre la Russie touchent la Suisse

Visée par des sanctions, la société pétrolière Rosneft a des bureaux à Genève.
Visée par des sanctions, la pétrolière Rosneft a des bureaux à Genève. [ - ]
Les Etats-Unis ont étoffé mercredi leurs sanctions économiques contre la Russie. Parmi les entreprises visées, certaines disposent de liens directs avec la Suisse.

Les Etats-Unis ont imposé mercredi de nouvelles sanctions à la Russie, visant notamment la banque du géant gazier Gazprom et la banque Vnecheconombank qui compte le Premier ministre russe Dmitri Medvedev parmi ses dirigeants. La compagnie pétrolière Rosneft est aussi concernée.

Huit entreprises d'armement sont concernées, parmi lesquelles le producteur du fusil d'assaut kalashnikov. Le vice-président de la Douma (chambre basse du Parlement russe), le ministre chargé des Affaires criméennes et un conseiller du président russe Vladimir Poutine sont également visés par ces sanctions.

Antennes suisses

La décision américaine pourrait avoir un impact en Suisse. Parmi les sociétés visées, au moins deux ont des intérêts dans le pays: le géant pétrolier Rosneft détient depuis 2011 à Genève une antenne de négoce. Gazprombank quant à elle dispose d'une filiale suisse, basée à Zurich.

Contacté par la RTS, Rosneft n'a pas désiré répondre à des questions sur un éventuel impact de ces nouvelles sanctions sur leurs activités suisses, tandis que Gazprombank n'a pas encore répondu aux sollicitations.

Egalement présente sur la liste américaine, la société énergétique Novatek est détenue à 23% par Gennady Timchenko, un proche de Vladimir Poutine installé sur les bords du Léman et principale personnalité visée par de précédentes sanctions américaines.

Marc Renfer avec agences

Publié le 17 juillet 2014 à 05:58 - Modifié le 17 juillet 2014 à 18:52

Sanctions "illégales", selon Moscou

"Les sanctions américaines contre des entreprises de défense russes de premier plan sont illégales et ne font qu'illustrer une concurrence déloyale", a estimé le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine.

De son côté, le ministre délégué des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré à l'agence russe Interfax que ces sanctions, qui visent aussi des banques et des entreprises du secteur de l'énergie, allaient encore compliquer les relations entre la Russie et les Etats-Unis. Il a ajouté que Moscou envisageait une réplique qui serait "douloureuse" pour Washington.

Le président russe, Vladimir Poutine, en voyage officiel cette semaine en Amérique latine, a jugé pour sa part dans la nuit de mercredi à jeudi que ces sanctions ne menaient "nulle part".

Sanctions européennes plus légères

L'Union européenne a également pris des sanctions, mais de moindre ampleur, gelant des programmes menés en Russie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), selon une source diplomatique.

L'UE a aussi décidé de cibler des "entités", y compris russes, accusées de soutenir "matériellement ou financièrement" les actions menaçant ou sapant la souveraineté de l'Ukraine mais leur liste précise ne sera déterminée que d'ici à la fin juillet.

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est félicité jeudi des nouvelles sanctions prises contre la Russie par le Conseil européen. Il a salué "un pas important dans le soutien à la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance de l'Ukraine".