Modifié le 17 mai 2014 à 11:29

Un condamné à mort veut faire filmer son exécution aux Etats-Unis

L'attardé mental accusé de meurtre a été exécuté par injection létale.
Le 29 avril, un condamné est décédé après 43 minutes d'agonie en Oklahoma. [AP Photo/Eric Risberg - ]
Un condamné à mort qui doit être exécuté mercredi dans le Missouri réclame à la justice le droit de faire filmer son exécution par injection, en guise de preuve des souffrances qu'il est sûr d'endurer.

A moins d'être suspendue, l'exécution de Russell Bucklew, prévue le 21 mai à Bonne Terre, dans le Missouri, sera la première à être conduite aux Etats-Unis depuis celle qui a mal tourné le 29 avril en Oklahoma.

>> Lire: Emoi aux Etats-Unis après la longue agonie d'un condamné à mort

Russell Bucklew, condamné à mort pour le meurtre de son rival et le viol de son ancienne compagne, affirme dans une plainte déposée vendredi qu'il souffre de tumeurs vasculaires au cerveau et au cou ainsi que de troubles circulatoires, et qu'il endurera par conséquent à coup sûr les mêmes souffrances que le condamné de l'Oklahoma.

"Peines cruelles et inhabituelles" interdites

Sa plainte de 15 pages, déposée devant un tribunal fédéral du Missouri, demande de filmer son exécution dans le but de "préserver une preuve cruciale" que le procédé utilisé viole le 8e Amendement de la Constitution interdisant les peines cruelles et inhabituelles.

"La vidéo d'une exécution peut servir pour une future procédure judiciaire, qu'il s'agisse des descendants de M. Bucklew, de lui-même ou de n'importe quel autre prisonnier", lit-on dans le document, citant un précédent en Géorgie.

afp/dk

Publié le 17 mai 2014 à 10:29 - Modifié le 17 mai 2014 à 11:29

"Nous ne savons rien" sur les produits utilisés

La controverse enfle depuis l'exécution le 29 avril en Oklahoma de Clayton Lockett, qui a succombé dans d'apparentes souffrances 43 minutes après l'injection létale de produits dont l'origine était restée secrète.

"La seule chose que nous sachions est que (le Missouri utilise) du pentobarbital fabriqué par un préparateur en pharmacie (...) nous ne savons rien sur sa qualité, sa puissance, son efficacité, ni d'où il vient, comment il a été fait (...). Il peut provenir d'un vétérinaire, d'un coin obscur d'internet ou avoir été fabriqué dans le sous-sol de quelqu'un", fustige-t-elle.

Pour ce motif, l'avocate a également déposé un recours pour suspendre l'exécution. Cinq médias américains ont en outre porté plainte pour obtenir des informations sur le barbiturique utilisé.