Modifié le 15 mai 2014 à 08:28

Le Premier ministre turc pris à partie après l'accident minier

Des manifestants s'en prennent au bureau local du parti du Premier ministre Erdogan à Soma.
Des manifestants s'en prennent au bureau local du parti du Premier ministre Erdogan à Soma. [AP Photo/Emrah Gurel - ]
Recep Tayyip Erdogan a été vivement pris à partie par des manifestants qui lui reprochent de négliger la sécurité après l'explosion de la mine qui a fait au moins 282 morts mardi en Turquie.

De nouveaux cadavres ont été retirés dans la mine de Turquie dans laquelle s'est produite une explosion mardi. Jeudi matin, le bilan était de 282 morts, a déclaré le ministre de l'Energie Taner Yildiz.

Mercredi des manifestants avaient hué le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui s'était rendu sur place, certains scandant "gouvernement démission" malgré un nombre important de policiers qui se sont immédiatement interposés.

Les manifestants ont donné des coups de pieds au véhicule dans lequel se trouvait le dirigeant turc. Recep Tayyip Erdogan avait auparavant  rejeté toute responsabilité et assuré que des mesures seraient prises s'il y avait eu négligence.

120 mineurs toujours bloqués

Les espoirs de retrouver vivants les quelque 120 mineurs bloqués sous terre dans la mine s'amenuisaient mercredi en fin de journée. Par ailleurs, le principal syndicat turc a lancé un appel à la grève pour jeudi.

>> Le suivi des événements en images:

agences/moha/pym

Publié le 14 mai 2014 à 11:27 - Modifié le 15 mai 2014 à 08:28

Gouvernement pointé du doigt

Selon les médias turcs, trois semaines auparavant, le parlement a refusé de former une commission pour faire un état des lieux sur la sécurité des mines en Turquie il y a trois semaines.

Les trois partis d'opposition ont soumis des propositions qui ont toutes été refusées par l'AKP, le parti majoritaire du Premier ministre Erdogan.

Lacrymogènes contre manifestants

La police anti-émeutes a fait usage de lacrymogènes lors d'une manifestation d'étudiants à Ankara.

D'autres rassemblements sporadiques ont été organisés dans les grandes villes.

A Istanbul, la police a dispersé une manifestation près de la place emblématique de Taksim qui a été cernée par la police.

Un drame similaire en 1992

La pire catastrophe minière de l'histoire de la Turquie s'est produite en 1992.

Un coup de grisou avait fait 263 morts dans la province de Zonguldak, sur les bords de la mer Noire.

Conditions de sécurité remises en cause

Le journaliste turc Abdullah Bozkurt du quotidien Today's Zaman déplore les conditions de sécurité des mines en Turquie. Celles-ci sont régulièrement violées par les propriétaires de mines sans qu'ils n'écopent jamais de graves sanctions, alors que des gens sont régulièrement blessés ou tués.

Dans le tweet ci-dessous, il avance certaines preuves: 85 violations des conditions de sécurité auraient été constatées pour une amende de seulement 21'000 dollars au total.




La province de Manisa en Turquie