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Twitter a été bloqué en Turquie pour éviter la "diffamation systématique"

L'autorité turque des télécommunications a interdit jeudi soir l'accès à Twitter, provoquant une vive opposition. [@AndyBZMClark - Twitter]
L'autorité turque des télécommunications a interdit jeudi soir l'accès à Twitter, provoquant une vive opposition. [@AndyBZMClark - Twitter]
Le gouvernement turc a justifié le blocage de Twitter, largement contourné par des internautes en colère, en évoquant une "mesure préventive" contre une entreprise de "diffamation".

"Twitter a été utilisé comme un outil de diffamation systématique en faisant circuler des enregistrements acquis illégalement, des écoutes téléphoniques truquées", ont déclaré samedi les bureaux du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Ces écoutes font état d'un scandale de corruption impliquant le Premier ministre.

"Le gouvernement turc est contre la libre circulation de ces enregistrements (...) sur Twitter et d'autres sites et réseaux sociaux qui visent à entraver la Sécurité de l'Etat et à salir la réputation des citoyens. Il n'est pas contre Internet", ont-ils ajouté.

YouTube et Facebook menacés

L'autorité turque des télécommunications a interdit jeudi soir l'accès à Twitter, après que Recep Tayyip Erdogan, impliqué dans un scandale de corruption, eut annoncé sa décision d'éradiquer le site de microblogging.

Le Premier ministre a aussi menacé de s'en prendre à YouTube et Facebook après l'organisation le 30 mars d'élections municipales, aux allures de référendum pour ou contre le chef du gouvernement, au pouvoir depuis 2003.

agences/vtom

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Explosion du nombre de tweets

L'interdiction a provoqué une explosion du nombre de tweets, qui ont augmenté de 138% au total, selon une étude réalisée par la société Brandwatch.

Pour contourner l'interdiction, Twitter a rappelé aux utilisateurs qu'ils pouvaient accéder à sa plateforme à travers le système de messagerie SMS.

Furieux, les Turcs ont aussi eu recours aux réseaux privés virtuels (VPN) et changé de système de noms de domaines (DNS). Certains ont même tagué les murs d'Istanbul avec les DNS à utiliser.

Un site du gouvernement hacké

En représailles à l'interdiction de Twitter, des hackers argentins ont piraté samedi l'un des sites internet du gouvernement turc. Les autorités ont réussi à reprendre le contrôle de leur page en fin de journée.