Modifié le 15 avril 2014

La Crimée demande officiellement son rattachement à la Russie

Le parlement de la Crimée s'est réuni en session extraordinaire lundi matin, pour voter le rattachement à la Russie.
Le parlement de la Crimée s'est réuni en session extraordinaire lundi matin pour voter le rattachement à la Russie. [Mikhail Voskresenskiy - RIA Novosti]
Le parlement de la Crimée a proclamé lundi l'indépendance de la péninsule ukrainienne et demandé son rattachement à la Russie, après l'acceptation du référendum de dimanche à 96,6% des voix.

Le parlement de la Crimée a proclamé lundi l'indépendance de la péninsule de l'Ukraine et demandé officiellement son rattachement à la Russie. Les autorités intérimaires à Kiev, elles, continuent, de parler "d'une grande farce" à propos du référendum adopté dimanche.

Les 85 députés du parlement de la Crimée ont approuvé à l'unanimité ces décisions, attendues après la victoire massive des partisans du rattachement au référendum de dimanche. Ils ont aussi décrété la nationalisation de tous les biens de l'Etat ukrainien sur son territoire.

Plus tôt dans la matinée, les résultats du référendum de dimanche sur le rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie sont tombés, avec 96,6 % de voix favorables.

Loi en préparation à la Douma

La Douma, la chambre basse du parlement russe, adoptera dans un "très proche avenir" une loi autorisant la Crimée à rejoindre la Russie, a déclaré lundi matin le vice-président de la Douma Sergueï Neverov. Mais dans un premier temps, la Crimée va adresser officiellement à Vladimir Poutine une demande de rattachement à la Russie.

"Les résultats du référendum en Crimée montrent clairement que les habitants de Crimée voient leur avenir seulement au sein de la Russie", a déclaré Sergueï Neverov.

La carte des soulèvements pro-russes dans l'est de l'Urkaine:

Lire aussi: L'Union européenne condamne officiellement le référendum en Crimée

agences/kkub

Publié le 17 mars 2014 - Modifié le 15 avril 2014

UE: "message le plus fort possible"

La cheffe de la diplomatie européenne a assuré lundi que l'UE allait envoyer "le message le plus fort possible" à la Russie en décidant d'imposer des sanctions. Catherine Ashton s'exprimait avant le début de la réunion des ministres européens des affaires étrangères à Bruxelles, au cours de laquelle des sanctions devraient être annoncées contre la Russie.

Les ministres devraient s'entendre sur des sanctions "ciblées" visant des responsables russes ou ukrainiens pro-russes sous la forme de restrictions de visas et de gels d'avoirs.

"J'appelle de nouveau la Russie à entamer le dialogue avec les autorités ukrainiennes et à engager la désescalade le plus rapidement possible", a ajouté la représentante. "Nous ne constatons pas cela" pour le moment, a-t-elle précisé. "L'Ukraine veut avoir de bonnes relations avec la Russie, tout comme le veulent l'Union européenne et le reste du monde", a encore souligné Catherine Ashton.

"Une grande farce", selon Tourtchinov

Le référendum en Crimée est "une grande farce", a pour sa part déclaré lundi le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov.

"La Russie cherche à couvrir son agression en Crimée par une grande farce nommée référendum qui ne sera jamais reconnu ni par l'Ukraine, ni par le monde civilisé", a-t-il déclaré devant les députés.

Parmi ces derniers, 257 ont approuvé lundi une mobilisation partielle compte tenu de "l'aggravation de la situation politique dans le pays.

Médias russes enthousiastes

Les médias russes ont presque tous salué lundi le choix des habitants de Crimée de se séparer de l'Ukraine et de rejoindre la Russie. "Gloire à la Crimée", a titré le quotidien Kommersant.

"N'en déplaise à certains, nous sommes heureux", a écrit de son côté le quotidien pro-gouvernemental Izvestia, évoquant la "réunion des coeurs". "La Crimée divorce de l'Ukraine", a résumé le journal populaire "Moskovski Komsomolets".

Rare voix discordante lundi en Russie, le journal d'opposition Novaïa Gazeta a publié en Une une photo de la manifestation de samedi à Moscou où 50'000 personnes ont défilé contre l'"annexion" de la péninsule de Crimée, et contre la politique de Poutine.