Modifié le 14 mars 2014 à 23:23

Condamnation à 25 ans de réclusion dans le procès du génocide rwandais

Pascal Simbikangwa est le premier Rwandais poursuivi en France en lien avec le drame de 1994.
Pascal Simbikangwa est le premier Rwandais poursuivi en France en lien avec le drame de 1994. [AP Photo/Interpol, File - ]
Le premier procès en France lié au génocide des Tutsis au Rwanda s'est terminé vendredi avec la condamnation à 25 ans de réclusion de Pascal Simbikangwa.

Le Rwandais Pascal Simbikangwa a été condamné vendredi à 25 ans de réclusion pour son rôle dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Ce procès historique est le premier en France lié au drame rwandais, 20 après des massacres dans lesquels le rôle de Paris a été très critiqué.

Complicité de crimes contre l'humanité

L'ex-capitaine de la garde présidentielle, âgé de 54 ans, paraplégique depuis 1986 et cloué dans un fauteuil roulant, a été reconnu coupable de génocide en qualité d'auteur et de complicité de crimes contre l'humanité par la cour d'assises de Paris, à l'issue d'un procès fleuve de six semaines et d'un délibéré de 12 heures.

Principe de compétence universelle

Pascal Simbikangwa, arrêté en 2008 pour trafic de faux papiers dans l'île française de Mayotte, où il était réfugié clandestinement, était jugé au nom du principe de compétence universelle qui permet de juger un étranger pour des faits commis à l'étranger pour les crimes les plus graves.

afp/lan

Publié le 14 mars 2014 à 22:22 - Modifié le 14 mars 2014 à 23:23

Perpétuité requise

L'accusation avait requis la réclusion à perpétuité contre celui qu'elle a décrit comme un "génocidaire négationniste", accusé notamment d'avoir armé et donné des instructions aux miliciens qui tenaient des barrières à Kigali où étaient filtrés et exterminés les Tutsi.

Des témoignages "fragiles"

La défense avait demandé son acquittement, dénonçant des témoignages "fragiles" et un procès "politique" à quelques semaines des commémorations du déclenchement du génocide le 7 avril 1994

Les autorités du Rwanda post-génocide ont souvent accusé la France d'avoir soutenu le régime hutu génocidaire et protégé ses responsables.