Modifié le 19 janvier 2014 à 15:07

Hollande jaugé sur sa politique et sa vie privée dans la presse

"Le grand oral" de François Hollande vu par les médias français.
L'intervention vue par la presse française de mercredi L'actu en audio / 1 min. / le 15 janvier 2014
Alors que la presse française examine mercredi matin le "virage idéologique" pris par le président François Hollande la veille, les médias anglo-saxons semblent déconcertés par le respect de la vie privée dont le chef d'Etat a bénéficié lors de la conférence de presse.

Au-delà de la révélation du Canard enchaîné, selon lequel l'actrice Julie Gayet avait été nommée en décembre membre du jury 2014 de la Villa Médicis à Rome, la presse française se concentrait mercredi matin avant tout sur le "virage idéologique" pris par le président François Hollande lors de la troisième conférence de presse de son quinquennat mardi à L'Elysée.

Deux semaines après avoir évoqué son dispositif destiné aux entreprises, le chef d'Etat a détaillé les contours du "pacte de responsabilité" destiné à remporter la "bataille de l'emploi".

Accent sur le cap social-démocrate en France

"Les patrons l'ont écouté avec gourmandise, les syndicalistes avec des sueurs froides", note francetvinfo alors que LeMonde.fr qualifie "la fin des cotisations patronales pour les familles" de "victoire pour le Medef (le Mouvement des entreprises de France)".

En Suisse aussi, c'est "le cap social-démocrate" revendiqué par François Hollande que retient le quotidien Le Temps, qui souligne que le président français devait faire des annonces concrètes pour éviter que les récentes révélations de Closer ne vampirisent sa conférence de presse.

"S'il s'assume désormais sur le plan doctrinal, Hollande s'est montré également plus offensif, plus tranchant et parfois martial dans le ton", juge pour sa part Le Figaro.fr, pour qui ce président "qui n'a plus rien à perdre a décidé d'accélérer".

Ironie en Allemagne

Outre-Rhin, la presse allemande n'hésite pas elle à ironiser sur François Hollande qui, avec retard, a découvert la troisième voie, comme dans ce commentaire de la Süddeutsche Zeitung. Pour l'éditorialiste, qui salue l'initiative, "s'il tient bon, il pourra devenir un homme d'Etat".

Le sérieux Die Zeit relève pour sa part que le véritable scandale français n'est pas la liaison avec Julie Gayet, mais le chômage et la baisse du pouvoir d'achat, quand le populaire Bild insiste sur les "moments douloureux" que traverse le couple formé par le président français et sa compagne Valérie Trierweiler, saisissant l'occasion pour publier plusieurs photos de l'actrice française.

Perplexité anglo-saxonne

Venus nombreux à L'Elysée, attirés par le parfum de scandale, les journalistes britanniques critiquaient mercredi avec virulence la "déférence" de leurs confrères français qui se sont contentés d'un "les affaires privées se règlent en privé" et d'une promesse d'éclaircissement d'ici mi-février. Le Times tacle aussi, en passant, un service de presse ne passant le micro qu'à ceux qui posent "les bonnes questions".

"With the greatest respect, there was un éléphant dans la salle", titre de son côté The Telegraph qui raille "si François Hollande traite ses femmes comme sa conférence de presse, je les plains". Plus pédagogue, le Guardian cherche lui à faire comprendre à ses lecteurs la différence française en matière de vie privée. Pour lui, l'exercice de la conférence de presse, "c'est un peu comme questionner la reine".

C'est bien ce respect de la vie privée des leaders politiques qu'on peine à comprendre aux Etats-Unis où un tel "Gayetgate" n'aurait pas manqué de susciter une tempête politique. "Son aventure pourrait l'aider dans les sondages", avance CNN alors que Time Magazine se moque de l'establishment français qui vole au secours de son président.

Outre-Atlantique, le Wall Street Journal est l'un des rares à mettre en avant que le président français cherche à séduire le milieu des affaires...

Juliette Galeazzi

Publié le 15 janvier 2014 à 11:35 - Modifié le 19 janvier 2014 à 15:07

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