Modifié le 25 novembre 2013 à 16:00

Les premières sanctions sur le nucléaire iranien levées en décembre

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a pris part aux négociations de longue haleine entre l'Iran et les puissances occidentales
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a pris part aux négociations de longue haleine entre l'Iran et les puissances occidentales [Martial Trezzini - Keystone]
Les Occidentaux veulent mettre en oeuvre rapidement l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien, avec la levée de certaines sanctions prévue dès le mois prochain.

L'accord intérimaire sur le nucléaire iranien conclu dimanche à Genève devrait être rapidement mis en oeuvre par les Occidentaux, avec la levée de certaines sanctions prévue dès le mois prochain, malgré la colère d'Isräel.

Levée limitée

Après cinq jours d'âpres négociations, les grandes puissances et l'Iran ont annoncé un accord au terme duquel la république islamique acceptera de limiter son programme nucléaire en échange d'un allègement des sanctions économiques.

L'Union européenne lèvera ses premières sanctions imposées à l'Iran "en décembre", a assuré lundi matin le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. Cette levée sera "limitée, ciblée et réversible", a-t-il ajouté, sans préciser les domaines concernés.

Erreur historique selon Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé lundi l'envoi de son conseiller à la sécurité nationale aux Etats-Unis pour discuter du futur accord final sur le nucléaire iranien qu'il a qualifié d'erreur "historique".

agences/jgal/jvia

Publié le 24 novembre 2013 à 15:50 - Modifié le 25 novembre 2013 à 16:00

Les dirigeants se déclarent satisfaits

L'accord a été qualifié de "succès" par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei et de "première étape importante" par le président des Etats-Unis Barack Obama. Le président français François Hollande y a vu "une étape vers l'arrêt du programme militaire nucléaire iranien".

"Maintenant, la partie vraiment difficile commence", a déclaré le secrétaire d'Etat américain John Kerry tout juste arrivé de Genève à Londres.
Il faudra faire "un effort pour obtenir un accord complet qui demandera d'énormes engagements en termes de vérification, de transparence et de responsabilité."

Cet accord pourrait être "le début d'un accord historique pour les peuples et nations du Moyen-Orient et au-delà", a estimé le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

"Une percée a été réalisée, mais seulement un premier pas sur un chemin long et difficile", a nuancé le président russe, Vladimir Poutine.

Le contenu de l'accord conclu à Genève

L'accord conclu à Genève prévoit que "sur le stock d'uranium existant enrichi à 20%, l'Iran en retiendra la moitié en oxyde d'uranium pour fabriquer du combustible destiné au (réacteur de recherche civil iranien) TRR. Il diluera le (stock) restant à 20% d'UF6 (hexafluorure d'uranium, un gaz qui alimente directement les centrifugeuses d'uranium) à moins de 5%".

De plus Téhéran s'engage à ne pas enrichir de l'uranium à plus de 5% pendant six mois et à ne pas se doter de nouveaux sites d'enrichissement.

Le pétrole se replie en Asie

Les cours du pétrole se repliaient lundi matin en Asie, première région à négocier après la conclusion de l'accord ce week-end entre les grandes puissances et l'Iran, gros producteur pétrolier, pour contenir le programme nucléaire de Téhéran.

Le Brent affichait une baisse de 2,51 dollars US à 108,54 USD (-2,26%) tandis que le baril de "light sweet crude" (WTI) cédait 89 cents à 93,95 USD (-1%), dans la matinée.

Une éventuelle levée de l'embargo sur les exportations pétrolières de l'Iran pourrait conduire au retour d'un million de barils de pétrole supplémentaires par jour sur le marché mondial.