Modifié le 13 novembre 2013 à 09:12

Aux Philippines, la ville de Tacloban reste coupée du monde

Un ferry a été emporté au milieu des habitations à Tacloban.
Un ferry a été emporté au milieu des habitations à Tacloban. [AP Photo/Philippines Air Force - ]
Tandis que l'aide internationale s'organise pour aider les victimes du typhon Haiyan aux Philippines, la ville de Tacloban reste complètement coupée du monde, selon le témoignage de l'envoyé spécial de RTSinfo.

Sans eau, nourriture, ni électricité, la situation dans la ville de Tacloban, aux Philippines, devient de plus en plus compliquée mardi, quatre jours après le passage du typhon Haiyan sur l'archipel.

 "On est vraiment coupés du monde. Les ponts, les routes, tout est détruit", témoigne l'envoyé spécial de RTSinfo sur place, Raphaël Grand, qui précise que des villages entiers ont été rayés de la carte. "La zone est très désorganisée, il faut dormir dans les décombres", explique le journaliste.

"On peut mourir pour un sandwich"

Certains survivants affamés et épuisés ont attaqué des convois d'aide et pillé les commerces encore debout, en quête d'eau ou de nourriture. "On ne peut compter que sur ses propres vivres (...) Ici, il faut vraiment survivre seul: la nourriture est très chère et dans la zone où je me trouve (près de l'aéroport de Tacloban, ndlr.), on peut mourir pour un sandwich", explique Raphaël Grand.

Quant aux secours, "ils arrivent au compte-goutte", témoigne le journaliste, alors que l'ONU a déjà débloqué 25 millions de dollars et lancé un appel à l'aide de 301 millions. La Croix-Rouge internationale et le Croissant Rouge ont lancé un appel afin d'obtenir 87 millions de francs et la Chaîne du Bonheur va organiser une journée spéciale la semaine prochaine.

Couvre-feu imposé

En début de journée, le gouvernement des Philippines a imposé un couvre-feu à Tacloban afin d'empêcher les pillages de cette grande cité dans laquelle 10'000 personnes seraient mortes.

Quatre véhicules blindés ont donc été déployés, a indiqué mardi le ministre de l'Intérieur Mar Roxas. Des centaines de soldats et de policiers ont déjà été envoyés sur place.

Face à l'ampleur de la tragédie, le président philippin Benigno Aquino a déclaré lundi soir l'état de catastrophe nationale, qui permet au gouvernement de contrôler les prix et d'accélérer le déblocage de fonds.

Le témoignage du délégué des Philippines bouleversé à Varsovie:

Le délégué des Philippines bouleversé à Varsovie
L'actu en vidéo - Publié le 12 novembre 2013

agences/kkub/hend

Publié le 12 novembre 2013 à 07:31 - Modifié le 13 novembre 2013 à 09:12

L'aide internationale se met en place

Quatre jours après le passage du typhon, l'ampleur du cataclysme ne cesse de s'étendre.

Alors que les Nations Unies ont évoqué l'éventualité de la mort de 10'000 personnes à Tacloban, dix millions d'habitants, soit 10% de la population du pays, ont été d'une manière ou d'une autre touchés par le typhon, dont 660'000 ont perdu leur maison.

Les Etats-Unis, qui avaient déjà envoyé des dizaines de marines, ont eux annoncé un renforcement de leur aide. Des navires américains et britannique voguent vers l'archipel pour venir en aide aux innombrables rescapés à court d'eau et de nourriture.

Un avion de l'UNICEF avec 60 tonnes d'aide, dont des tentes et des médicaments, devait également arriver sur place, suivi d'équipements de purification d'eau.

Journée spéciale de la Chaîne du Bonheur

La Chaîne du Bonheur organise le 18 novembre prochain une journée nationale de solidarité en faveur des victimes du typhon.

L'organisation avait déjà récolté 2,15 millions de francs mardi.

Au total, douze ONG partenaires de la Chaîne planifient des interventions sur les lieux de la catastrophe.

Des centaines de bénévoles recueilleront des promesses de dons dans les centraux téléphoniques de 6h à minuit lors de cette journée de collecte, précise la CdB dans un communiqué mardi.